23 juillet 2005

LONDRES

Un individu suspect a été abattu par la police de Londres dans les couloirs du métro. C’est une nouvelle qui a fait perdre aux Londoniens leur flegme et leur sang froid. La police londonienne, qui a été longtemps l’une des seules du monde à ne pas être armée, vient de faire la preuve qu’elle est dépassée par les événements. Il a fallu de nombreux attentats de l’IRA pour que les Londoniens acceptent que leur police soit armée. Ils craignaient les bavures. Nous y voilà ! Et la peur gagne les habitants. Conclusion : leur police les effraie plus que les terroristes.

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Je n’ai jamais aimé la ville de Londres. Malgré plusieurs séjours je n’ai gardé que de vagues souvenirs d’une ville agitée, ancienne, vétuste et plutôt pauvre extérieurement. J’ai fait un premier voyage dans les années soixante. Je m’étais échappé du mariage d’un copain étudiant qui se déroulait sur une semaine dans l’Ain et j’avais voulu faire une escapade seul à Londres. Etudiant, je voyageais souvent seul en Italie, dans les pays nordiques, au Moyen Orient ou ailleurs et j’avais l’habitude d’aller dans les auberges de jeunesse. Je pense donc qu’en descendant du train j’ai dû aller loger dans une auberge de jeunesse à Londres. Elle ne devait pas être extraordinaire car je n’en ai gardé aucun souvenir contrairement à celle de Stockolm, sur un bateau, ou celle de Milan, ultramoderne. Mais j’ai un souvenir précis du métro.

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Habitué du métro parisien je ne savais pas que chaque ligne était privée, que les billets étaient différents et variaient suivant la destination. Quand j’ai voulu acheter un ticket à un guichet le préposé m’a demandé naturellement ma destination. Quand j’ai compris que je devais donner le nom de ma station j’ai prononcé l’intitulé avec un accent qui ne devait pas être celui d’Oxford puisque le préposé attendait patiemment le renseignement demandé. La file des passagers s’allongeait derrière moi, ce qui n’avait pas l’air de l’émouvoir et il me reposait sans cesse la même question. J’ai fini par lui écrire le nom sur un papier. Il m’a donné avec beaucoup d’application et beaucoup de mépris la prononciation correcte avant de me délivrer tranquillement le titre de transport. Ce mauvais accueil d’un employé, qui n’est pas une particularité de l’Angleterre puisqu’il est aussi très répandu en France, me refroidissait dès l’arrivée par une matinée d’automne déjà triste. Le métro était vétuste et pas très propre. Il a dû changer depuis. Je l’espère pour mes amis anglais.

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Autre séjour à Londres, en famille, dans les années 80, en route vers l’Ecosse. Nous arrivons le soir dans un hôtel réservé cher mais tellement sale que nous avons demandé de changer immédiatement. Nous avions trouvé par contre dans un quartier pakistanais très sympa de très bons restaurants et c’est là que nous avons apprécié Londres. Dans son aspect cosmopolite qui reflétait, comme en France, les restes d’un empire colonial encore lié aux colonisateurs.

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C’est dans ses colonies que l’armée anglaise, comme les autres armées coloniales, a appris la cruauté. Les massacres à son actif sont aussi impressionnants que ceux de l’armée française, de l’armée espagnole ou de l’armée portugaise. Pendant la deuxième guerre mondiale, tout le monde admirait le stoïcisme des Anglais sous les bombardements allemands, mais leurs militaires ont fait preuve, pour se venger, d’une cruauté remarquable, en bombardant aussi les populations civiles en Afrique du Nord, en Italie, et en Allemagne et en martyrisant des prisonniers. Un ami Italien qui, comme la plupart des Italiens, faisait tout pour échapper à la guerre, a été fait prisonnier par les Anglais. Plutôt que de continuer à subir les mauvais traitements infligés aux prisonniers, sans cesse humiliés et battus, il préféra sauter du bateau qui l’emmenait en Angleterre et regagner la côte de Sicile à la nage, au risque d’y perdre la vie.

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Entraînés à supporter la souffrance et la douleur par une éducation sans pitié, les Anglais sont stoïques face au malheur, mais entraînés à la cruauté dans l’éducation militaire, les soldats ou plutôt les gradés anglais, la font naturellement subir aux autres sans état d’âme. Ceci n’excuse en rien les attaques contre la population anglaise qui, comme toutes les populations dans le monde d’aujourd’hui, lutte pour assurer sa survie dans des conditions beaucoup plus difficiles que ce que l’on croit. Mais les malheurs que provoque son armée encore aujourd’hui, dans de nombreux pays, se retournent contre des innocents qui ne souhaitent que vivre en paix, dans un esprit de tolérance qui a toujours caractérisé l’Angleterre.