SARKONNERIES 53

16 février 2008

   Le petit Nicolas commence à être critiqué par celles et ceux qui l’ont imprudemment soutenu.
   J’apprends ce matin que Simone Veil a “senti son sang se glacer” lorsqu’elle a entendu Sarko au CRIF avancer son idée de faire adopter un enfant juif mort en déportation par un élève de CM2 ( 10 ans) dès la rentrée prochaine.
   Voici ce qu’elle déclare à l’Express:
Shoah en CM2: Simone Veil fustige l'idée de Sarkozy
Propos recueillis par Anne Vidalie
"Inimaginable, dramatique, injuste": l'ancien ministre n’a pas de mots assez durs pour condamner la proposition de Nicolas Sarkozy de "confier la mémoire" d’un enfant français victime de la Shoah à chaque élève de CM2.
“.... mon sang s’est glacé". ...."C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste, tranche l’ancien ministre, déportée à 16 ans et demi à Auschwitz. On ne peut pas infliger cela à des petits de dix ans! On ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter. Nous mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés, après la guerre, à parler de ce que nous avions vécu, même avec nos proches. Et, aujourd’hui encore, nous essayons d’épargner nos enfants et nos petits-enfants. Par ailleurs, beaucoup d’enseignants parlent -très bien- de ces sujets à l’école."
Aux yeux de Simone Veil, la suggestion du Président de la République risque, en prime, d’attiser les antagonismes religieux. "Comment réagira une famille très catholique ou musulmane quand on demandera à leur fils ou à leur fille d’incarner le souvenir d’un petit juif?" s’interroge-t-elle.

   Merci Simone Veil pour votre bon sens.
   Mais ma femme a eu une idée que je trouve excellente: pourquoi ne pas faire porter la mémoire d’un enfant juif déporté pendant la guerre par un policier français? Il pourrait ainsi réflêchir à la portée de ses actes lorsqu’il reçoit un ordre qui s’oppose à sa conscience.
   Et il pourra ainsi réagir le jour où on lui demandera d’arrêter des innocents pour les envoyer à une mort probable ou certaine.
   De Gaulle avait créé le corp des CRS après la guerre pour racheter les actes de la police française collaborationniste.
   Les flics de Papon, héritiers des guerres coloniales, se sont ensuite illustrés dans les repressions.
   Aujourd’hui quelques jeunes policiers ont déjà manifesté leur réprobation face aux actions indignes qu’on leur fait accomplir. Il faudrait maintenant qu’on puisse les entendre pour éviter de jetter l’opprobe sur tout un corps de fonctionnaires qui doit travailler dans des conditions de plus en plus difficile.