SARKONNERIES 52

15 février 2008

   Comment enseigner la Shoah aux petits écoliers de l’école publique? En leur faisant “adopter”, individuellement, l’un des 11 000 enfants juifs, morts en déportation.
   Cette idée du petit Nicolas, émise au CRIF, association juive de droite, pour se racheter d’avoir été élu avec des voix du Front National, fait aujourd’hui débat.
   Des personnalités estimables trouvent l’idée bonne, d’autres, tout aussi estimables, la trouve mauvaise parce que traumatisante pour de jeunes enfants.
   Quel rôle peut jouer la pédagogie pour éviter que de tels drames se reproduisent?
   Malheureusement, l’histoire l’a montré, un rôle très faible.
   Ce n’est pas avec les récits des grandes batailles depuis l’antiquité, dont les livres d’histoire sont pleins, que l’on évitera les prochaines guerres.
   Ce n’est pas en s’apitoyant sur les victimes, dont on ne peut même plus comptabiliser le mombre tellement elles sont nombreuses, que l’on évitera la violence.
   Une seule méthode me semble possible à explorer: éveiller le sens critique, apprendre à analyser la propagande, pour ne pas tomber dans le piège tendu par les puissants qui ont toujours un intérêt à vous fabriquer un ennemi pour s’enrichir dans la guerre.
   Parce que la guerre procure essentiellement de la richesse.
   Alors, s’il est important de ne pas oublier les victimes, il est encore plus important de savoir quel rôle a joué la police française chère au petit Nicolas, dans la déportation des enfants juifs en France, alors que le commandement allemand n’avait jamais demandé qu’on lui livre des enfants.
   Mais il fallait faire du chiffre pour se bien voir par ses patrons. Comme cela nous rapproche de la réalité d’aujourd’hui et des rafles de sans-papiers!
   Et au dessus des policiers qui obéissaient à des ordres, il y avait des politiques et des industrielles qui s’enrichissaient et accumulaient des fortunes qui leur permettent, encore aujourd’hui, 60 ans après, de vivre dans l’opulence. Les Allemands ont eu le courage de dénoncer quelques grandes fortunes acquises pendant la dernière guerre mondiale. Si l’on faisait le même travail en France, beaucoup de grandes marques seraient désignées.
   Alors arrêtons de pleurer sur les victimes quand on sait que cette compassion est uniquement destinée à cacher les coupables, toujours présents et toujours prêts à recommencer.
   Je lis le livre de JEAN HATZFELD: LA STRATÉGIE DES ANTILOPES, sur le génocide du Ruanda.
   Ce génocide n’a pas été un acte spontané de sauvages. Il a été préparé pendant plusieurs années par des politiques qui y trouvaient leur intérêt et qui s’opposent encore aujourd’hui pour imposer leur pouvoir.
   La propagande a joué un rôle essentiel pour fabriquer un ennemi intérieur qui est devenu la victime de tout le système.
   Aujourd’hui beaucoup de livres parlent du génocide, des victimes, des atrocités...
   Mais la seule pièce de théâtre belge qui posait clairement les responsabilités, qui durait 6 heures et qui éveillait l’esprit critique, a été étouffée par manque de moyens financiers. Ce n’est pas un hasard.
   Alors laissons aux enseignants qui ont encore un peu de courage et de l’expérience, le soin de traiter les sujets de la guerre et de la paix, selon leur conscience et dénonçons toute la propagande qui inonde nos médias tous les jours pour nous inciter à la haine, à la violence, à la vengeance, à la guerre.