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28 décembre 2021

ANTOINE SANGUINETTI, La France dans le Pacifique.

ANTOINE SANGUINETTI, " La France dans la Pacifique", Comité de réflexion sur la Nouvelle Calédonie, 19 février 1990. Réalisation Bernard Baissat.

 

 

Antoine Sanguinetti : l'amiral non conformiste

Publié le 21/07/2004 

L'amiral Antoine Sanguinetti s'est éteint hier à l'âge de 87 ans à Bastelicaccia(Corse-du-sud).

Né le 9 mai 1917 au Caire dans une famille d'illustres militaires, Antoine Sanguinetti, frère de l'ancien ministre gaulliste Alexandre Sanguinetti, est diplômé de l'Ecole navale en 1939. D'abord pilote de chasse, il effectue plusieurs missions parachutées en France occupée pendant la Seconde Guerre mondiale. Chef de l'aviation du porte-avions «Lafayette» de 1952 à 1954, il prend ensuite la direction du prestigieux porte-avions «Clémenceau» en 1967.

Major général de la Marine de 1972 à 1974, il est pressenti à des prestigieuses fonctions lorsque ses critiques publiques brisent sa carrière. Défenseur d'une politique résolument axée sur la dissuasion nucléaire, il se dresse contre une politique de défense qu' il estime contraire aux intérêts de la France. Mis à la retraite anticipée en 1976, il décide alors d'entrer en politique, rejoint le Parti socialiste et devient tête de liste aux élections municipales de mars 1977 à Toulon(Var).Il exprime une nouvelle fois ses désaccords: candidat en août 1982 aux élections régionales en Corse sur une liste dissidente baptisée «Liste socialiste pour le vrai changement», il est radié du PS le mois suivant.

Marié, père de deux enfants et Grand-officier de la Légion d'honneur, il était depuis 1980 membre du comité central de la Ligue des droits de l'Homme.

Le Monde: Une sanction disciplinaire, Par JACQUES ISNARD.

Publié le 24 janvier 1976 à 00h00 -Quarante-huit heures après un communiqué - d'une sécheresse de ton qui a beaucoup frappé - selon lequel le vice-amiral d'escadre Antoine Sanguinetti était en position de non-activité après le retrait de son emploi, le ministère de la défense constate les difficultés pratiques d'application d'une telle sanction statutaire, dans le cas précis du frère de l'ancien secrétaire général de l'U.D.R. Apparemment, les articles 48 et 49 du statut général des militaires, sur lesquels se fondait la décision du conseil des ministres du mercredi 21 janvier après un rapport du ministre de la défense, ne s'appliquent pas au vice-amiral d'escadre Sanguinetti, qui, en raison de son ancienneté de service, ne relève plus de ces textes législatifs.

Le Journal officiel de jeudi 22 janvier, qui annonce son remplacement par le vice-amiral d'escadre Socrate Petrochilo à la présidence de la commission permanente des essais des bâtiments de la flotte, ne reprend, du reste, aucun des termes juridiques qui qualifiaient la sanction statutaire annoncée par le ministère de la défense. Officiellement, il est seulement mis fin aux fonctions du vice-amiral d'escadre Sanguinetti par un décret qui reste muet sur les autres points. Cela veut dire, en clair, que la situation présente du frère de M. Alexandre Sanguinetti est comparable stricto sensu à celle qu'il avait connue, à la fin de 1974, lorsqu'il avait déjà dû quitter ses fonctions de major général de la marine nationale, à la suite d'une série d'articles, dans le Monde, sur l'institution militaire.

En fait, comme il y a un peu plus d'un an, le vice-amiral d'escadre Sanguinetti vient de subir, au moins à ce jour, une nouvelle sanction disciplinaire - et non statutaire, - mais ce " récidiviste " de l'indiscipline ou de la liberté d'expression - comme l'on voudra - a reçu, en outre un blâme personnel du ministre de la défense. Le blâme est une punition disciplinaire qui sanctionne une faute jugée grave ou très grave et elle est, dans l'ordre des punitions disciplinaires, la plus grave que puisse prendre un ministre de la défense à l'encontre d'un officier, juste après les arrêts de rigueur.

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