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28 mars 2021

BERTRAND TAVERNIER

Bertrand Tavernier, la vie et rien d’autre

 

La vie et rien d'autre

 Né en 1941à Lyon, la ville des frères Lumière, Bertrand Tavernier,  est décédé le jeudi 25 mars 2021 à Sainte-Maxime dans le Var. Il avait 79 ans. 

Tous les cinéphiles pleurent le départ de l’un des plus grands metteurs en scène français et tous les pacifistes saluent l’homme antimilitariste qui a représenté avec force et courage les horreurs de la guerre.

De sa nombreuse filmographie je retiendrai: « La vie et rien d’autre » dont le scénario peut se résumer ainsi: Dans le nord-est de la France, détruit par les combats de la Première Guerre mondiale, le commandant Dellaplane est chargé de recenser et d’identifier les soldats morts, disparus ou amnésiques. En 1920, la guerre marque encore les paysages : la terre éventrée par les obus dévoile les cadavres tandis que les vivants reprennent lentement le cours de leur vie au milieu des ruines.

Alors que le commandant Dellaplane a déjà recensé près de 350 000 disparus, ses supérieurs lui ordonnent de désigner un soldat mort non identifié, mais qui doit être un Français de métropole : il deviendra le soldat inconnu, symbole du sang versé par la France pendant la Grande Guerre. »

 

La vie et rien d'autre BT

Bertrand Tavernier sur le tournage de " La vie et rien d'autre" dans la Meuse.

Le critique Antoine Royer écrit: « A travers une belle mise en scène feutrée et une photographie aux teintes hivernales, Tavernier fait passer quelques fâcheuses vérités sur la première guerre mondiale. Il pointe du doigt le commerce cynique des monuments historiques, l’utilisation méprisante des troupes coloniales, le racisme ordinaire au sein de l’armée (surtout pas de « nègre » pour le soldat inconnu) les liens commerciaux plus qu’ambigus que certains industriels entretenaient avec l’ennemi ». La mise en chantier de son film n’aura pas été une mince affaire: « Tous les investisseurs approchés  avouaient redouter un "film de guerre", là où Tavernier et son producteur René Cleitman défendaient ardemment l'idée d'un film "de paix", et les producteurs de Hachette trouvaient le sujet sinistre, à tel point que l'un d'entre eux aurait proposé à Bertrand Tavernier l'équivalent de son salaire complet s'il renonçait purement et simplement au projet. L'Armée française n'apporta pas son soutien, arguant être mobilisée par les préparatifs du bicentenaire de la Révolution. »

Ce film sera l’un des plus importants succès de Bertrand Tavernier et vaudra à Philippe Noiret, dans le rôle du commandant Dellaplane,   son deuxième César de meilleur acteur. Sept ans plus tard Bertrand Tavernier réalisera l’admirable «  Capitane Conan » et déclarera dans un entretien: «  Ceux qui ont déclenché la guerre de 14-18 n’ont jamais endossé leurs responsabilités ».

Merci à Bertrand Tavernier, homme d’une grande culture et d’une grande sensibilité, d’avoir su montrer dans ses oeuvres cinématographiques les catastrophes matérielles et humaines provoquées par les guerres.  

 

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