TUNISIE, la révolution en marche
Malgré les difficultés que traverse la Tunisie, premier pays révolutionnaire dans le monde arabe, je ne désespère pas de la réussite du peuple de ce pays.
La presse internationale et surtout française préfère mettre l'accent sur les échecs.
Mais cette fois elle est obligée d'annoncer une bonne nouvelle dans Le Parisien:
Tunisie : l'égalité hommes-femmes inscrite dans la Constitution
Publié le 07.01.2014
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La Tunisie a approuvé lundi l'égalité "sans discrimination" des "citoyens et citoyennes" dans sa future Constitution, un texte unique dans le monde arabe même si l'égalité entre les sexes n'est pas énoncée clairement. | Fethi Belaid |
La Tunisie est devenue lundi le premier pays du monde arabe à inscrire dans sa constitution l'égalité entre hommes et femmes. «Tous les citoyens et les citoyennes ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ils sont égaux devant la loi sans discrimination aucune», dispose l'article 20 du projet de Constitution adopté par 159 voix sur 169 votants.
Cette formulation est le fruit d'un compromis entre les islamistes d'Ennahda, majoritaires à l'assemblée, et l'opposition laïque. Ce texte unique dans le monde arabe s'ajoute à d'autres concessions des islamistes sous la pression de la société civile et de l'opposition.
Ennahda avait fait scandale durant l'été 2012 en annonçant vouloir introduire le concept de «complémentarité» homme-femme. Confronté à une levée de boucliers, le parti a finalement renoncé à ce projet. Les islamistes ont aussi accepté au fil des mois de renoncer à inscrire l'islam comme source de droit et à punir les «atteintes au sacré». Ils ont aussi voté dimanche, sous la pression de l'opposition laïque, l'interdiction des «accusations d'apostasie», un élu ayant affirmé avoir été menacé après avoir été qualifié d'ennemi de l'islam, alors que deux opposants ont été assassinés en 2013 par la mouvance jihadiste.
Une «victoire» pour les féministes
L'article validé lundi a néanmoins été critiqué par des ONG comme Human Rights Watch et Amnesty, qui jugent la formule «citoyens et citoyennes» trop réductrice. «La Constitution devrait préciser que les hommes et les femmes sont égaux et ont droit à la pleine égalité en droit et en fait», relevaient vendredi ces organisations. Elles souhaitent aussi que la non-discrimination soit élargie aux raisons de «race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou autre». Néanmoins, les militantes féministes, se sont félicitées de l'adoption de l'article 20. «C'était notre revendication et c'est une victoire», a dit Ahlem Belhaj, l'ex-présidente de l'Association tunisienne des femmes démocrates.
La Constituante a aussi approuvé lundi l'article stipulant que «les libertés d'opinion, de pensée, d'expression, d'informations sont garanties». Des dispositions garantissant les droits des justiciables et imprescriptibilité du crime de torture ont été validés. Ces textes sont hautement symboliques après cinq décennies de dictature, jusqu'à la révolution de janvier 2011. Elle a aussi approuvé l'article 21 qui dispose que «le droit à la vie est sacré. Nul ne peut lui porter atteinte sauf dans les cas extrêmes fixés par la loi». Ce compromis a été critiqué car il n'abolit pas la peine de mort. Un amendement en ce sens a été rejeté bien qu'aucune exécution n'ait eu lieu depuis le début des années 1990.
Un texte qui doit être adopté avant le 14 janvier
