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29 février 2008

SARKONNERIES 58

SARKONNERIES 58 29 février 2008 Quelle mouche a piqué le petit Nicolas? En visite commerciale en Afrique du Sud ( vente de centales nucléaires prévue), il annonce que l’armée française n’a pas vocation à rester en Afrique. Et qui va défendre les intérêts de Bouygues, Bolloré, Suez et consorts, les copains du petit Nicolas? En 1981, François Mitterand, sous la pression des opposants africains aux chefs d’Etat défendus par la France, avait essayé, en nommant Jean-Pierre Cot, au Ministère de la Coopération, de changer la politique Foccart/Pasqua en Afrique. Au bout de.... moins d’un an!, il a fait machine arrière, sous la pression des intérêts français: il a renvoyé Cot et a placé son fils dans la lignée de Pasqua. On connaît les conséquences dans l’Afrique francophone et particulièrement au Rwanda. Aujourd’hui le petit Nicolas parle de rupture en voulant réduire ou supprimer les contingents de l’armée française en Afrique. Il déclare, d’après RFI « La France n'a pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique », a dit Nicolas Sarkozy lors de son discours devant les parlementaires sud-africains. S'agit-il de la « rupture » que le président français a souvent dit vouloir opérer avec les pratiques antérieures ? Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères, a estimé que la renégociation des accords militaires avec l'Afrique serait un « progrès ». Thabo Mbeki, le président sud-africain, a lui déclaré que « cela faisait partie selon lui de la suite du processus de décolonisation en Afrique ». Retour sur les évolutions possibles de la présence française sur le continent noir. C'est le secret de Polichinelle de la « Françafrique » : les « accords de défense » avec neuf pays, dont la Côte d'Ivoire, le Sénégal, ou encore le Gabon. Ils ont été signés pour la plupart très discrètement, dans la foulée des indépendances du début des années 60, ou des années 70 pour ce qui est de Djibouti et des Comores. Ils impliquent une garantie « stratégique » de la France, en général contre un agresseur extérieur ; mais ce peut être aussi l'aide à la mise au pas de mouvements de rébellion liés à l'extérieur, ou au rétablissement d'une situation interne périlleuse, avec « exfiltration » du chef de l'Etat en cas de besoin. Dans la pratique, la plupart de ces vieux textes, dont même le Parlement n'a pas eu connaissance, sont « caducs » : ils n'ont été appliqués ni à Djibouti, ni en Côte d'Ivoire, ni même au Togo, où chaque fois, le régime invoquait une agression extérieure, mais n'a pas reçu l'appui français espéré. Et c'est au contraire un simple accord d'assistance militaire technique et de soutien logistique, comme la France en a signé par ailleurs avec 26 Etats africains, pour l'instruction des troupes, qui a permis, une nouvelle fois à l'armée française de sauver la mise au régime du président Idriss Deby, au Tchad début février. La présence française en Afrique Cette présence a évolué ces dernières années, avec d'abord des effectifs qui ont été divisés par deux en dix ans : ils représentent 9 000 hommes aujourd'hui, relevés en majorité  tous les quatre mois : les dispositifs Epervier au Tchad, Licorne en Côte d'Ivoire ou Boali en République centrafricaine, soit près de 4 000 hommes, plus  « opérations » que bases permanentes, ont d'ailleurs vocation à disparaître... Ne resteront plus qu'un nombre  limité de  points d'appui : Dakar au Sénégal, pour l'Afrique de l'ouest ; Libreville au Gabon, pour l'Afrique centrale ;  Djibouti, à l'est, pour l'Afrique orientale - avec transfert d'une partie des effectifs sur Abou Dhabi, dans le Golfe ; ainsi que la Réunion, à l'extrême-sud, pour la partie australe du continent. Chacune de ces bases est désormais placée sous la responsabilité d'un général qui  agit en coordination avec l'organisation sous-régionale dont dépendent les Etats voisins. Une « mise en cohérence » qui a déjà été esquissée, en liaison avec l'Union africaine, dans le cadre du programme Recamp, de « renforcement des capacités africaines de maintien de la paix » : par roulement,  ce cycle de réflexion, formation et entraînement, offre un appui en encadrement et en matériel prépositionné à un bataillon régional de maintien de la paix. La France, qui cherche à faire oublier son ancien uniforme  de « gendarme de l'Afrique »,  vient de lancer un Euro-Recamp, que préfigure  l'actuelle Eufor-Tchad-Rca. ” Si je comprends bien les explications de RFI, il s’agit simplement d’un changement de costume et de nom, pour la même politique. Il s’agit encore une fois d’un effet d’annonce pour corriger le discours néo-colonial de Dakar. Autre annonce du petit Nicolas: ( de mémoire): “ Je suis prêt à me rendre à la frontière entre le Vénézuela et la Colombie pour aller chercher Ingrid Bettancourt” Jaloux des succès du président Chavez, il est prêt à jouer le zorro de service. Mais que représente le petit Nicolas pour le mouvement de résistance des FARC, vieux de plusieurs dizaines d’années? et que peut-il apporter à ce mouvement en échange d’un service? Pas grand chose. Alors que le président Chavez représente une puissance et une aide sérieuses pour ces opposants colombiens. Espérons plutôt, pour Ingrid Bettancourt, que les FARC auront entendu le président Chavez et que le président Urribe ne cherchera pas à compliquer le sauvetage de cette femme courageuse et malade. Le petit Nicolas, lui, s’il veut se rendre utile, ferait mieux de s’offir un barbecue avec son ami Bush, le seul qui puisse agir sur le président Urribe de Colombie. S’il arrive à le convaincre il aura fait quelque chose de plus efficace que d’aller faire de la représentation dans la jungle colombienne.
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