NOUS SOMMES EN GUERRE, jour 40
NOUS SOMMES EN GUERRE, jour 40 ( 25/04/2020)
ALERTE. Des élus et des responsables associatifs de la Seine Saint-Denis, le département le plus pauvre de France aux portes de Paris, tirent la sonnette d'alarme. Le confinement imposé par l'état d'urgence sanitaire est impossible à respecter pour une population en précarité permanente. L'oppression exercée par des forces policières, les abus des contrôles et les violences provoquées par des interpellations peuvent entraîner un soulèvement populaire. Des familles commencent à connaître la faim et les moyens des associations ne suffisent plus. Le gouvernement décide pourtant de consacrer 12 milliards d'euros pour sauver la compagnie aérienne Air France et rien, pour l'instant, pour le département de la Seine Saint-Denis.
Des sites témoignent de la détresse des habitants en colère et des associations comme Esperanza 21 lancent des appels pour un monde meilleur.
La colère des quartiers populaires est légitime
Par Bondy Blog
Le 24/04/2020
Ces derniers jours, l'accident grave survenu à Villeneuve-la-Garenne a provoqué une série de tensions entre jeunes et forces de l'ordre dans plusieurs quartiers populaires. Une trentaine d'organisations politiques, syndicales et militantes, parmi lesquelles la CGT, le Comité Adama, le NPA et Solidaires, appellent à considérer cette colère pour ce qu'elle est.
Dans la nuit du 19 au 20 avril, plusieurs quartiers populaires ont connu des nuits de révolte.
La veille au soir, un homme a failli perdre sa jambe à Villeneuve-la-Garenne après une violente tentative d’interpellation policière et c’est bien cela qui a mis le feu aux poudres.
Les populations qui vivent dans les quartiers populaires sont en première ligne face à la crise sanitaire : elles sont parmi celles qui travaillent dans les « secteurs essentiels », celles qui permettent à notre société de ne pas s’effondrer aujourd’hui.
Pourtant, les inégalités sociales, déjà criantes, sont renforcées par la gestion du coronavirus et vont exploser avec la crise économique et sociale à venir. Ce dont témoigne déjà, entre autres, la surmortalité particulièrement élevée en Seine-Saint-Denis depuis le début de l’épidémie.
Les discriminations racistes, déjà insupportables, sont renforcées par l’impunité policière et les violences et humiliations se multiplient dans les quartiers populaires. On peut y ajouter le couvre-feu discriminatoire imposé aux habitant·es de ces quartiers par la ville de Nice. Ces injustices flagrantes sont documentées, nul ne peut les ignorer.
Alors nous le disons très clairement : nous refusons de renvoyer dos-à-dos les révoltes des populations dans les quartiers populaires et les graves et inacceptables violences policières qui les frappent.
Nous n’inversons pas les responsabilités et nous le disons tout aussi clairement : ces révoltes sont l’expression d’une colère légitime car les violences policières ne cessent pas.
Les inégalités et les discriminations doivent être combattues avec vigueur et abolies : avec les populations des quartiers populaires, nous prendrons part à ce juste combat pour l’égalité, la justice et la dignité.
Le 23 avril 2020
Premières organisations signataires :
- ATTAC, Association pour la taxation des transactions financières et l’action citoyenne
- CCIF, Collectif contre l’islamophobie en France
- CGT, Confédération générale du Travail
- Collectif de la Cabucelle, Marseille
- Collectif du 10 novembre contre l’islamophobie
- Comité Adama
- CNT-SO, Confédération nationale du Travail-Solidarité ouvrière
- CRLDHT, Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie
- Ensemble
- FASTI, Fédération des Associations de solidarité avec toutes et tous les immigré·es
- Fédération SUD éducation
- Fédération SUD PTT
- Fédération SUD-Rail
- Femmes égalité
- Femmes plurielles
- FTCR, Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives
- FUIQP, Front uni des immigrations et des quartiers populaires
- JJR, Juives et juifs révolutionnaires
- Marche des solidarités
- Mouvement La révolution est en marche
- Mwasi, Collectif Afroféministe
- NPA, Nouveau parti anticapitaliste
- Le Paria
- PCOF, Parti communiste des ouvriers de France
- PEPS, Pour une écologie populaire et sociale
- SNPES-PJJ FSU, Syndicat national des personnels de l’éducation et du social PJJ de la FSU
- SQPM, Syndicat des quartiers populaires de Marseille
- UCL, Union communiste libertaire
- Union locale villeneuvoise, Villeneuve-Saint-Georges
- UJFP, Union juive française pour la paix
- Union syndicale Solidaires
- UTAC, Union des Tunisiens pour l’action citoyenne
Appel pour le monde d’après Covid-19 :
Exigeons que la santé soit l'objectif politique majeur !
Aujourd’hui, nous sommes nombreux à nous inquiéter du monde d’après crises, craignant le pire…
Sur les réseaux, beaucoup d'associations ou collectifs manifestent la nécessité de travailler ensemble en mutualisant les idées déjà construites, celles qui sont en cours de construction et les impensées encore trop floues.
Nous devons rassembler au mieux cette richesse diversifiée et probablement porteuses de complémentarités. Comment le réaliser depuis notre confinement ?
Les grandes organisations comme la vôtre, sont notre espoir.
C'est pourquoi nous lançons cette contribution qui nous semble en mesure de faire évoluer la façon de penser ce que nous voulons/ ce dont nous ne voulons plus, non pas comme une liste de ce qui est "bon" et ce qui est "mauvais", mais afin que tout projet, toute décision converge vers un but commun. Dans l’intérêt collectif.
Au sein d’Esperanza21, nos réflexions nous ont conduit à faire de la SANTE ce but commun.
Un horizon de convergences qui nous apparait comme un levier très puissant, car, chacun-e lui accorde la plus grande importance. En particulier en ce moment...
Soyons clairs, il s'agit bien de la santé, et non de soins médicaux (qui ne sont pas exclus, mais qui ne sont que des services dus aux malades).
Nous vous confions, avec notre contribution, l'espoir de notre capacité à construire un monde qui redevienne compatible avec la vie.
Une vie qui a évolué durant des centaines de millions d'années, jusqu'à ce qu’Homo sapiens en transforme les qualités, au point que ce qui a permis à la vie d'apparaitre et de se diversifier sur cette planète, disparaisse sous nos yeux… Consécutivement, la diversité du vivant s'étiole et notre espèce est elle aussi en danger de disparition. « Bon débarras » disent certains !
Nous, nous pensons que d'autres issues existent et qu’il est important de le tenter.
Nous sommes bien sûr attachés au modèle de la Démocratie, une démocratie participative et efficiente, nous irions volontiers vers une démocratie "implicative"...
Les 7 exigences que nous proposons à votre attention constituent à la fois une revendication de nos droits à une vie digne et équitable, solidaire et démocratique… et aussi une assise pour développer des objectifs plus politiquement énoncés afin qu’ils puissent devenir opérationnels.
Nous savons que votre association est pleinement engagée dans cette réflexion qui se traduit déjà par de multiples actions de terrain. De plus, elle travaille en coordination avec de nombreux partenaires. Ensemble, nous constituons une force considérable.
Notre espoir est de contribuer à ouvrir un chemin fédérateur en mesure de rassembler le plus grand nombre de citoyen-nes autour d’un mot d’ordre mobilisateur à l'adresse des ‘’décideurs’’
La santé, c’est notre droit… c’est votre devoir !
ESPERANZA21 a été créée au moment de la COP 21 à Paris.
Elle s'exprime sur son site www.esperanza21.org
L'objectif premier de ses actions en 2015 était de se faire l'ambassadrice des biodiversités, alors que la thématique Climat attirait les réflexions essentiellement sur les questions d'énergies (fossile/renouvelable) et de sobriété énergétique.
Au fil des années et des évènements, la cause des biodiversités traçant peu à peu son chemin, Esperanza21 a poussé plus loin sa réflexion systémique autour de la notion de santé,
santé humaine, santé de la biodiversité, santé des écosystèmes, etc...
Aujourd'hui, confinée, notre association est très consciente
que le lendemain de Covid-19 est déjà en train de se structurer, sans nous...
Probablement pas pour le projet que nous espérons et savons possible.
Ensemble, évitons le pire !
Nous devons très vite trouver les chemins de la mobilisation citoyenne
pour un monde meilleur.
Maurice Fay
