NOUS SOMMES EN GUERRE, jour 8
NOUS SOMMES EN GUERRE, jour 8 ( 24 mars 2020)
Ce soir une grande opération " charité pour les soignants " est organisée par la Fondation de France et France Inter. Une infirmière a témoigné sur les encouragements des Français tous les soirs à 20h: " Nous applaudir c'est bien mais ce n'est pas suffisant". Alors, une fois de plus, la solidarité doit venir des plus modestes avec un appel aux dons. Pendant que le gouvernement promet plusieurs centaines de milliards d'euros pour l'économie les personnels de santé ont besoin de la charité des Français.
L'annonce de la mort de 5 médecins et de 20 personnes hébergées dans une EHPAD des Vosges touche les Français confinés et apeurés. Le cri d'alerte du docteur urgentiste Pelloux sur la situation dramatique des personnes âgées et des personnels dans les EHPAD n'est pas fait pour les rassurer. Il prévoit une véritable hécatombe si des mesures importantes ne sont pas prises immédiatement. Ces établissements, déjà sinistrés avant la crise par manque de personnel, n'ont toujours pas reçu les moyens nécessaires pour faire face au coronavirus.
Nous avons vu des files d'attente devant le CHU de Marseille où des personnes sont venues se faire dépister par les services du professeur Raoult. Elles ont fait la queue plusieurs heures pour savoir si elles sont atteintes ou porteuses du coronavirus. Une infirmière venait même de Montpellier. La pénurie de tests provoque des mouvements de foule difficiles à contrôler. Ces personnes espèrent, comme l'a promis le professeur Raoult, qu'elles pourront être soignées par la Chloroquine si elles sont malades. Ce médicament, testé sur quelques malades à Marseille, a donné de bons résultats. Il a été aussi utilisé dans les quelques hôpitaux plus ou moins clandestinement. Mais la bataille fait maintenant rage autour de cette molécule entre médecins et sans doute entre laboratoires. Le premier ministre annonce alors que le médicament n'est pas " mis sur la marché" mais qu'il peut être utilisé en milieu hospitalier: position ambiguë !
Tout reste flou, comme depuis le début de l'épidémie, dans les consignes du gouvernement. Les autorités tâtonnent et cela crée de l'angoisse dans la population. Est-ce que tous les marchés ouverts seront fermés ? ça dépend du maire ! Est-ce que l'on pourra sortir faire du sport ? ça dépend du lieu ! Est-ce que l'on pourra aller dans sa résidence secondaire ? C'est la question que nous avons posé à la préfecture de Paris. Réponse: " en principe non "... mais si vous avez une bonne raison !
L'avenir est incertain. Pour garder le moral il vaut mieux peut-être ne plus écouter en boucle les mauvaises nouvelles.
