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19 mars 2020

NOUS SOMMES EN GUERRE, jour 3

NOUS SOMMES EN GUERRE, jour 3

 

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"Restez chez vous". Les soignants invités sur les plateaux de télévision et les médecins interrogés dans les hôpitaux ne cessent de répéter cette consigne. Elle est d'autant plus justifiée que les services de santé, déjà sinistrés avant le coronavirus, sont en train de perdre pied. Les établissements sont plus que saturés dans le Grand Est et dans la région parisienne. Les médecins appellent à l'aide et réclament toujours des masques et des protections qui ne sont toujours pas arrivés en quantité suffisante ce matin du 19 mars 2020.

 

Toutes les travailleuses et travailleurs, caissières de supermarché, chauffeurs de bus, postières et postiers, livreurs et même policiers réclament des protections. On annonce à la radio que l'armée va livrer des masques et que les Chinois vont en faire parvenir en France par voie aérienne.

 

Nous avons des nouvelles de l'Italie où le pic de l'épidémie n'est toujours pas atteint et où le nombre de morts, hier, a été encore très important. Tout ceci crée de l'angoisse dans la population et la peur du voisin s'installe. Dans notre tour parisienne certains ont même peur de prendre l'ascenseur à plusieurs. Interdiction aussi de parler dans l'ascenseur. C'était souvent le seul endroit où les habitants avaient l'occasion de se dire bonjour ! Bravo la convivialité !

 

Sur le modèle des Italiens qui chantent tous les soirs à leur fenêtre et des Espagnols qui applaudissent à leurs balcons les personnels de santé, des habitants de Paris et des grandes villes françaises se donnent rendez-vous à 20h pour manifester leur soutien à toutes celles et tous ceux qui continuent à travailler pour assurer la survie des " confinés".

 

Incapable de gérer une crise de grande ampleur le gouvernement s'en remet à la responsabilité des citoyennes et des citoyens pour s'entraider. Les solidarités s'organisent. Les autorités sont, par contre, capables de menacer et de punir en déployant leurs forces de l'ordre qui ont annoncé hier un record de contraventions. Il y a aussi les risques de délation. Cette attitude, chère à certaines personnes, a montré son aspect dangereux dans la période historique de la collaboration en France.

 

La résistance à la peur, à la haine, au repli sur soi est, plus que jamais, nécessaire. 

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