GILETS JAUNES 3
Gilets jaunes 3
Le besoin de fraternité
4 décembre 2018
Tous les médias français d'information avaient ouvert leur porte aux gilets jaunes le 3 décembre 2018. Pendant toute la journée des femmes et des hommes engagés ont défilé dans les studios et sur les plateaux de télévision pour redire leur désespoir. Des personnes qui ne se connaissaient pas ont exprimé leur joie de constater qu'elles éprouvaient les mêmes souffrances dans leurs difficultés à vivre.
Des témoignages recueillis auprès de personnes qui occupent les péages et les routes montrent la satisfaction des habitants d'un même lieu de se retrouver et de partager leurs problèmes. Certaines espèrent tenir jusqu'à la Noël pour fêter leur rencontre, avec ou sans résultat. La solidarité, entre des personnes d'origines sociales différentes et d'opinions politiques différentes, crée des rapprochements inattendus.
Face aux gilets jaunes, les députés de la majorité présidentielle sont à la peine. Leur ignorance du terrain ( ne pas connaître le montant du salaire minimum) et leurs discours stéréotypés ne passent plus, même auprès de journalistes habituellement très complaisants. Quand certains essaient de s'entretenir avec des gilets jaunes dans leur ville ou leur village la scène tourne à une série d'accusations auxquelles ils ont du mal à répondre.
Car que veulent les gilets jaunes ?
Ils veulent un changement de société. Ils se sont rendus compte que le système financier les a conduit à une vie misérable et ils veulent vivre dignement de leur travail et de leur retraite. Ils ont compris que les richesses de leur pays ne profitent qu'à une minorité et que les hommes politiques, de droite comme de gauche, préfèrent se ranger du côté des plus puissants pour avoir une chance de garder leur place.
Depuis hier des lycéens bloquent leurs établissements. Des heurts violents avec la police ont eu lieu dans des villes de la périphérie de Paris et en province. Des gilets jaunes, plutôt âgés, se sont inquiétés de cette participation de leurs enfants à la détresse de leurs parents. Ils craignent pour leur sécurité car ils comprennent la dureté des affrontements et craignent pour la sécurité de leurs enfants. Mais ils sont touchés par ce réveil de la jeunesse qui a aussi compris, avec la sélection pour les études mises en place par le système Parcoursup, que son avenir est dans la défense d'une bonne éducation pour tous et d'une vie meilleure pour leurs parents.
En 1968, la révolte des jeunes et la répression brutale de la police avaient poussé les adultes à se mobiliser. En 2018, les manifestations des adultes et la répression de leurs actions poussent les jeunes à défendre leurs parents.
Et aujourd'hui, le mouvement ne faiblit pas et tout le monde se prépare aux manifestations de samedi prochain.
