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5 mars 2015

SIVENS, la violence contre la raison

Quand les intérêts de quelques puissants sont menacés la seule méthode utilisée est la violence.

Une fois de plus, malgré la présence policière de l'état, les milices privées font la loi. 

Sivens : des agriculteurs détruisent des cabanes de zadistes

Le Monde.fr | 04.03.2015 à 17h05 • Mis à jour le 04.03.2015 à 21h04 

Des agriculteurs qui bloquaient depuis lundi les entrées du site de Sivens (Tarn) y ont pénétré, mercredi 4 mars, et ont détruit des constructions des opposants au projet de barrage, ont indiqué des protagonistes des deux camps. « On a démonté un chapiteau et des cabanes », a précisé par téléphone le président du syndicat agricole FDSEA, Philippe Jougla, présent avec quelque deux cents pro-barrage à l'entrée de la ZAD (zone à défendre).

Des proches de zadistes venaient d'alerter l'Agence France-Presse par téléphone. L'un d'eux, se faisant appeler comme les autres, « Camille », a affirmé que les agriculteurs avaient « mis le feu à une bergerie des zadistes qui abritait des chèvres, des moutons et des chiots, sans faire de victimes car le feu a été rapidement circonscrit ». Selon lui, deux cabanes ont été détruites et le chapiteau des zadistes démantelé.

Les deux camps cherchaient à montrer leurs muscles à deux jours d'une réunion cruciale, vendredi, au conseil général d'Albi. Celui-ci doit se prononcer sur les alternatives au barrage controversé, écarté par la ministre de l'écologie, Ségolène Royal. Le 26 octobre un jeune écologiste, Rémi Fraisse, était mort atteint par une grenade offensive de la gendarmerie lors d'affrontements. Le projet avait alors été suspendu.

Ravitaillés par le maire

La FNSEA et ses fédérations départementales ont installé près de la ZAD un véritable campement, avec grillades et apéritifs, et assurent depuis lundi un véritable blocus. Ils étaient environ 150 mercredi : des agriculteurs venus d'autres départements y épaulent ceux du Tarn et des environs de Gaillac. Ils se relaient en tours de garde de manière à ce qu'aucune voiture ne puisse ravitailler les zadistes encerclés. Présents mercredi, ceux du Lot et de l'Ariège seront relevés jeudi par ceux du Gers et de la Haute-Garonne.

Mardi déjà, de vives tensions avaient opposé deux groupes d'agriculteurs et de zadistes, qui se sont croisés malgré les efforts de 300 gendarmes mobiles déployés sur la zone. Un coup de serpette a envoyé un agriculteur à l'hôpital.

« Ça chauffe à présent sur la route qui mène à Barat et celle qui mène à la maison forestière, affirmait en fin d'après-midi le président de la FDSEA du Tarn. Ils ont caillassé une de nos voitures. Ils sont rentrés dans des fermes. On les a coursés ».

Les zadistes, eux, seraient une quarantaine selon leurs propres chiffres. Mercredi à Gaillac, leurs partisans ont tenté d'organiser un « convoi humanitaire » de ravitaillement. Les gendarmes les ont bloqués dans le centre-ville.

Mercredi soir, le maire de Gaillac, Patrice Gausserand, a finalement décidé d'envoyer lui-même une camionnette de ravitaillement en direction du camp zadiste.

Heureusement qu'il y a encore en France des personnes responsables qui veillent! 

albi-sivens-1280

 

Communiqué LDH

Paris, le 4 mars 2015

 

Sivens : éviter un nouveau drame !

 

Les informations que nous parviennent aujourd’hui directement de la ZAD du Testet, concernant les événements autour de l’affaire du barrage de Sivens et qui sont d’ailleurs rendues en partie publiques dans les médias, confirment qu’une nouvelle étape dans l’escalade de la violence a été franchie. Un syndicat agricole s’arroge, en toute illégalité, le droit d’établir un blocus autour de la ZAD du Testet dont l’objectif est clairement affirmé : isoler et affamer les occupants de la ZAD.

 

Cette situation intolérable, qui engendre des gênes majeures pour tous les habitants, constitue une atteinte au droit fondamental de libre circulation des citoyens, et semble bénéficier d’une relative tolérance de la part des autorités et des forces de l’ordre présentes.

 

La Ligue des droits de l’Homme dénonce cette situation et alerte les pouvoirs publics qui, par leur silence et leur inaction, porteraient une lourde responsabilité en cas de nouveau drame.

 

A l’approche d’une décision qui doit intervenir vendredi 6 mars, la situation se dégrade de manière alarmante, sur le terrain : chasses à l’homme, agressions, contrôles illégaux…

 

Dans un tel contexte, la LDH considère que les conditions d’un débat démocratique portant sur la gestion et l’utilisation de l’eau en lien avec l’agriculture de demain, dans le cadre d’un projet territorial, ne sont pas réunies, et qu’il n’est pas souhaitable qu’une décision soit prise à cette date par le conseil général du Tarn.

 

La LDH demande au gouvernement de prendre ses responsabilités, en adoptant au plus vite les mesures d’apaisement nécessaires.

 

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