ISRAËL, bilan d'une guerre inutile
Des morts, des blessés, des destructions... et tout cela pour rien!
La guerre avec les Palestiniens, qui dure depuis des décennies, continue et ne finira jamais si les Israëliens eux-mêmes ne comprennent pas qu'il faut choisir une autre méthode s'ils veulent la paix.
Heureusement que de jeunes Israëliens s'engagent avec courage:
Israël/Palestine : « j’appelle les soldats de base et les réservistes à refuser les ordres et à ne pas participer au massacre »
La déclaration de désertion d’un jeune israélien
mercredi 30 juillet 2014
Udi Segal, jeune israélien de 19 ans, devait démarrer son service militaire le lundi 28 juillet 2014. Malgré la loi l’obligeant, comme la plupart des israéliens juifs de son âge, à rejoindre l’armée après le lycée, Udi a refusé. Il est ce que l’on appelle un refuznik (en hébreu sarvan, de sirev : « il a refusé »), comme ces autres jeunes qui refusent de servir dans Tsahal. Certains de ces soldats refusent notamment de servir dans les territoires palestiniens occupés, d’autres refusent tout simplement d’être incorporés, comme c’est le cas d’Udi.
En 2005, on comptait plus d’un millier de refuzniks dans un pays de huit millions d’habitants, rongé par un état de guerre perpétuel et le patriotisme qui en découle automatiquement, et qui aimerait diviser la société israélienne en deux camps : les patriotes et les traitres nationaux, les « traitres nationaux » étant ultra-minoritaires et très mal perçus.
Il est difficile pour nous qui vivons au cœur de l’Europe pacifiée, de comprendre ce climat, qui en Israël comme en Palestine, exhorte chaque individu au nationalisme grégaire, jusqu’à réussir à l’inscrire dans l’ADN social. Il en va de notre responsabilité, en tant qu’anarchistes et anationalistes, de diffuser la parole et les actes de ceux qui refusent ces logiques de mort, d’un côté de la frontière comme de l’autre. Surtout lorsque les espaces de contestation sont généralement eux aussi contaminés par ce climat [1].
Nous vous proposons donc cette déclaration d’Udi, à qui nous souhaitons force, courage et détermination pour la suite, pour en finir avec le nationalisme et le patriotisme.
Je m’appelle Udi Segal, j’ai 19 ans, je viens du Kibbutz Tuval au nord d’Israel, il y a quelques mois j’ai signé la lettre des objecteurs de conscience 2014 qui fut envoyée au premier ministre, à ce jour, elle a été signée par 130 déserteurs. Dans la lettre nous déclarions notre refus de servir dans l’armée israélienne. La principale raison est l’occupation et l’oppression continue du peuple palestinien, qui s’exprime par des allocations sociales inégales, le mépris des droits, et le meurtre continu de plus de 600 personnes dans la dernière opération à Gaza [2]. De plus, le service militaire contribue au militarisme israélien. Moi par exemple, en tant qu’homme, juif et ashkénaze [3], et donc plus susceptible d’avoir un impact sur la société israélienne et de m’en sortir, car je viens d’un milieu social dominant plus enclin au militarisme israélien, un milieu auquel je m’oppose fortement.
Même si il n’y avait pas l’occupation, je refuserais de servir l’armée, car elle pérennise un système politique, nationaliste et capitaliste auquel je refuse de prendre part et qui ne profite qu’à quelques-uns. Je ne pense pas que l’opération militaire en cours à Gaza me protège. Les opérations militaires ne me protégeront pas, elles ne feront qu’engendrer de nouvelles opérations militaires comme ça a été le cas avec l’Opération Plomb durci [2008-2009] qui n’a fait que mener à l’Opération Pilier de défense [novembre 2012] et qui continue aujourd’hui avec l’opération Bordure Protectrice, qui elle-même mènera probablement à d’autres opérations militaires. Ce qui protégerait serait une paix juste reconnaissant l’injustice faite aux palestiniens. On ne pourra réaliser la paix tant qu’un peuple sera opprimé, occupé et entouré d’un mur. Cette population n’a pas abandonné son désir de liberté et ne se repose pas sur l’éventuelle compassion de ceux qui l’occupent, alors ne vous attendez pas à vivre en sécurité dans une telle situation. A ceux qui pensent quand même qu’ils me défendent, dans une telle situation, si le prix à payer pour la sécurité est de 600 morts à Gaza, je ne suis pas intéressé par ce genre de sécurité.
Mon refus de servir sera difficile pour ma famille. Mon frère est dans l’armée, et il pourrait être à Gaza lorsque je me retrouverai en prison, j’espère que cela ne créera pas de conflits insolubles... Et au delà de ça, à cause de moi, les gens regarderont avec méfiance mes parents et mes frères. Je pense que je contribue à la société israélienne, mais il me semble important de préciser que mon action ne s’inscrit pas dans une vision patriotique ou sioniste, mais dans une vision globale, une globalité qui inclut Israël. Je pense que l’occupation est un obstacle et qu’elle est dommageable pour les israéliens.
Beaucoup d’amis de mon âge se sont enrôlés dans l’armée. Je viens moi-même d’un milieu militariste, mon école a un des plus forts pourcentages de recrutement dans le pays [4]. Oui, il y a de nombreuses personnes qui ont arrêté de m’adresser la parole et qui m’ont mis à l’index suite à mon choix. Mais il s’agit peut-être d’un bon tri dans mes amitiés, puisque j’ai aussi des amis qui se sont enrôlés et qui sont restés à mes cotés. J’ai choisi d’aller en prison parce que malheureusement, les israéliens écoutent plus facilement ceux qui sont prêts à se sacrifier et à payer le prix. La prison va me retirer ma liberté, c’est quelque chose de difficile à appréhender car je n’ai connu jusque là que le dehors, dans une liberté toute relative. De plus, pour ceux qui refusent l’occupation, les conditions de détention peuvent être particulièrement dures, comme le montre l’exemple d’Uriel Ferera, emprisonné récemment. Il a refusé de porter l’uniforme et subit des humiliations en raison de son milieu traditionnel.
L’objectif qui sous-tend ma désertion est d’en finir avec l’occupation. Mais compte tenu de la réalité présente, ce qui importe maintenant est que les israéliens ouvrent leurs yeux, qu’ils réfléchissent au sens de l’occupation et à ce que cela signifie de servir dans l’armée, particulièrement les adolescents qui se rapprochent de la conscription.
En ce qui concerne l’opération en cours à Gaza, j’appelle les soldats de base et les réservistes à refuser les ordres et à ne pas participer au massacre.
Udi Segal.
Udi, a répondu « je refuse » à l’ordre de conscription le lundi 28 juillet à midi, accompagné d’environ 70 solidaires, juifs et arabes (dont d’autres refuzniks), tous pris à partie par une contre-manifestation de patriotes de merde rassemblés en urgence par le biais de la poubelle Facebook. Udi est actuellement retenu dans une prison militaire.
AMNESTY INTERNATIONAL FAIT APPEL AUX NATIONS UNIES QUI SE SONT TOUJOURS MONTRÉES INCAPABLES DE FAIRE RESPECTER SES RÉSOLUTIONS À ISRAËL.
Alors cette fois encore!....
Amnesty international: Israël/Gaza : face aux crimes de guerre, la CPI doit agir
Le Conseil de sécurité des Nations unies, l'Autorité palestinienne et Israël doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir afin de permettre à la Cour pénale internationale (CPI) de traduire en justice les responsables présumés des crimes de guerre ou crimes contre l'humanité commis lors des conflits israélo-palestiniens actuels ou passés.
Depuis le 8 juillet, plus de 1 717 Palestiniens ont été tués dans le cadre des hostilités actuelles. Selon les Nations unies, la majorité des personnes ayant perdu la vie sont des civils palestiniens, dont au moins 373 enfants.
Exigez que le gouvernement français suspende immédiatement tout transfert d'armes vers Israël :
CULTURE DE L'IMPUNITÉ
Nous recueillons depuis des décennies des informations convaincantes montrant que des crimes de guerre et d'autres crimes de droit international ont été perpétrés par Israël, le Hamas et des groupes armés palestiniens, mais les responsables de ces actes continuent à bénéficier de l'impunité.
L'injustice persistante que subissent les victimes de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité est une honte qui pèse lourdement sur le monde. Une fois encore, la communauté internationale n'a guère fait plus que se tordre les mains à propos des hostilités récentes »
Salil Shetty, secrétaire général d'Amnesty International.
Il est essentiel que la Cour pénale internationale mène une enquête afin d'en finir avec cette culture généralisée de l'impunité. Tous les camps doivent demander que la CPI enquête sur ces crimes afin de briser le cercle vicieux des violations et de l'injustice une bonne fois pour toutes.
Dans une lettre ouverte au Conseil de sécurité des Nations unies rendue publique vendredi 1er août, nous demandons aux membres de celui-ci de prendre immédiatement les mesures qui s'imposent afin de saisir le procureur de la CPI de la situation en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, entre autres solutions à cette crise - l'imposition d'un embargo complet sur les armes est également préconisée.
LE CONSEIL DE SECURITÉ DOIT AGIR
Le Conseil de sécurité des Nations unies a laissé passer à plusieurs reprises l'occasion de prendre de véritables mesures pour réagir aux violations commises en Israël et dans les territoires palestiniens occupés ou d'amener les responsables présumés à rendre des comptes, en grande partie à cause de l'opposition des États-Unis, qui ont systématiquement exercé leur droit de véto contre les résolutions critiques à l'égard d'Israël. Les États-Unis ont parfois été l'unique voix à s'opposer aux autres membres du Conseil.
Le Conseil de sécurité des Nations unies ne doit pas une nouvelle fois rester sans rien faire et se contenter d'être témoin de la multiplication des atrocités. Il doit saisir ce moment afin d'agir de manière décisive en faveur de la justice »
Salil Shetty
Nous demandons par ailleurs aux autorités palestiniennes et israéliennes de soutenir l'idée d'une saisine par le Conseil de sécurité, ainsi que toutes les autres mesures qui permettraient à la CPI d'intervenir et de bénéficier de la coopération de tous les camps.
En particulier, l'Autorité palestinienne doit soumettre une déclaration reconnaissant la compétence de la CPI au regard des crimes de droit international commis depuis le 1er juillet 2002, date de création de la Cour. Nous engageons par ailleurs l'Autorité palestinienne à devenir partie au Statut de Rome, le traité ayant établi la CPI.
Ces derniers jours, de hauts représentants palestiniens ont évoqué l'intention de joindre la CPI.
Ils doivent tenir parole et saisir cette chance de mieux respecter l'obligation de rendre des comptes au nom des innombrables victimes de violations des droits humains, en soumettant une déclaration acceptant la compétence de la CPI sans plus de délai.
DES MENACES ET DE LA PRESSION
Les États-Unis, Israël, le Canada, le Royaume-Uni et d'autres pays membres de l'Union européenne (UE) ont fait pression sur l'Autorité palestinienne afin de la dissuader de prendre des mesures dans le but de reconnaître la compétence de la CPI ; ils ont notamment menacé l'Autorité palestinienne de lui retirer des aides financières dont elle dépend.
Les menaces de suppression d'aides à ceux qui cherchent à obtenir justice n'ont pas lieu d'être.
Tous les États devraient encourager Mahmoud Abbas, le président palestinien, à devenir partie au Statut de Rome.
Israël doit accéder au Statut de Rome et faire une déclaration selon laquelle il reconnaît la compétence de la CPI concernant les crimes commis depuis juillet 2002, afin de veiller à ce que les victimes israéliennes de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité puissent obtenir justice. Israël a participé aux négociations ayant débouché sur la création de la CPI mais a déclaré en 2002 qu'il ne ratifierait pas son Statut.
Il est grand temps qu'Israël revoie son opposition à la CPI et s'engage en faveur de l'état de droit et de la lutte contre l'impunité.