ISRAËL-FRANCE, même combat colonial
Seul pays au monde à interdire les manifestations pour soutenir les Palestiniens qui se font massacrer par un état colonial, la France ne peut plus prétendre à la qualification de " pays des libertés".
Mais cela n'est pas étonnant de la part d'un gouvernement français qui mène aussi des politiques coloniales dans les pays du Sahel et qui est toujours sous le coup d'une condamnation internationale pour Mayotte et les Comores.
Comment continuer à soutenir un gouvernement israëlien qui déchaîne la haine contre son propre peuple et qui met en danger ses propres habitants. La communauté juive internationale devrait agir. Ceux qui condament le sionisme sont les premiers à s'opposer à l'antisémitisme.
Maintenir depuis sept ans un blocus sur Gaza, enfermer des milliers de Palestieniens dans une prison à ciel ouvert et massacrer régulièrement des civils, femmes et enfants, n'a jamais grandi un peuple et une nation. Et c'est toute une communauté juive isrëlienne et internationale qui en paye le prix.
Voici d'ailleurs un témoignage très intéressant à écouter:
Michèle Sibony (Union Juive Française pour la Paix) démonte la propagande sioniste sur LCI
http://www.islametinfo.fr/2014/07/17/union-juive-francaise-pour-la-paix-lci/
Et un article à lire sur Home Figaro:
Pascal Boniface : «Critiquer la politique d'Israël, ce n'est pas être antisémite»
Pascal Boniface est directeur de l'IRIS. Son dernier livre, La France malade du conflit israélo-palestinien, vient de paraître.
FigaroVox: Après les incidents violents qui ont émaillé les manifestations pro-israélienne dimanche 13 juillet, la préfecture de police a engagé une procédure informelle pour interdire une manifestation de soutien à Gaza prévue samedi. La société Française devient-elle la victime collatérale du conflit du Proche-Orient?
Pascal BONIFACE: La société française ne devient pas la victime collatérale du conflit du Proche-Orient, elle l'est depuis longtemps. La reprise des violences entre Israéliens et Palestiniens a provoqué une poussée de fièvre en France, mais que la France soit malade du conflit israélo-palestinien, n'est hélas pas une nouveauté. Aucun conflit extérieur ne suscite de telles passions, de mises en cause si importantes des individus qui prennent des positions qui déplaisent. Des amis de longue date, qui ne partageant pas le même point de vue sur le conflit et ses conséquences en France, peuvent se brouiller. On ne voit ça pour aucun autre conflit.
Quel est votre point de vue sur l'interdiction des manifestations? Celle-ci ne risque-t-elle pas d'être contre-productive?
Si le but est de ne pas opposer les communautés, interdire les manifestations produit l'effet inverse. Ceux qui veulent manifester peuvent avoir le sentiment que le gouvernement répond aux désirs des institutions communautaires juives. Par ailleurs, il y a une atteinte au droit de manifester. Où placer les limites? Faudra-t-il par la suite interdire les nombreuses et variées manifestations de soutien à Israël? Faudra-t-il interdire les articles critiques sur l'action du gouvernement israélien parce qu'ils seraient censés contribuer à alimenter l'antisémitisme? Le risque est de radicaliser une partie de ceux qui se sentent solidaires des Palestiniens.
La société française ne devient pas la victime collatérale du conflit du Proche-Orient, elle l'est depuis longtemps.
Selon vous, la confusion entre antisémitisme, antisionisme et critique du gouvernement israélien contribue à l'importation de ce conflit en France. Quelle différence faites-vous entre ces différentes notions?
Cette confusion est entretenue par les institutions communautaires et certains intellectuels juifs. L'antisémitisme c'est la haine des juifs, l'antisionisme c'est l'opposition à l'existence de l'État d'Israël. Mais cela n'a rien à voir avec la critique de l'action du gouvernement israélien ou alors des O.N.G. israéliennes, des personnalités comme Abraham Burg, des journalistes comme Gideon Lévy sont antisémites. Lorsque l'on critique la politique de Poutine on n'est pas accusé de faire du racisme anti-russes. Brandir l'accusation infamante d'antisémitisme dès que l'on émet une critique à l'égard du gouvernement israélien a pour fonction de protéger ce dernier. L'immense majorité de ceux qui se déclarent solidaires des Palestiniens combattent l'antisémitisme et toutes les formes de racisme, et se prononcent pour la solution des deux États, donc en faveur de l'existence d'Israël.
Vous avez eu beaucoup de difficultés pour faire éditer votre livre. Certains sujets restent-ils tabous en France? Pourquoi?
Nombreux sont ceux qui ont payé un prix fort pour avoir osé critiquer le gouvernement israélien.
Le conflit israélo-palestinien déclenchant les passions, beaucoup de gens veulent se tenir à l'abri à partir du moment où la critiques politiques du gouvernement israélien est très rapidement assimilée à de l'antisémitisme. Beaucoup de gens ne veulent pas prendre le risque d'être étiquetés de façon si infamante.
La presse française est pourtant loin d'être complaisante à l'égard du gouvernement israelien ...
Je ne connais pas d'autres sujets qui paraissent aussi risqués pour les responsables politiques et les médias. Je ne connais pas de cas où des responsables politiques , des journalistes, des universitaires, qui se seraient signalés par un engagement profond, voire inconditionnel, à l'égard d'Israël, en aurait subi des sanctions personnelles ou professionnelles. Nombreux sont ceux qui ont payé un prix fort pour avoir osé critiquer le gouvernement israélien. Il est d'ailleurs assez paradoxal qu'en France, il soit moins risqué pour quiconque de critiquer les autorités nationales que celle d'un pays étranger, en l'occurrence Israël. Je connais beaucoup de personnes qui disent être entièrement d'accord avec mes analyses mais ne veulent pas le déclarer publiquement de peur de représailles. Je pense qu'à terme cette stratégie est très dangereuse même si elle peut s'avérer favorable à court terme à la protection du gouvernement israélien.
FigaroVox: Après les incidents violents qui ont émaillé les manifestations pro-israélienne dimanche 13 juillet, la préfecture de police a engagé une procédure informelle pour interdire une manifestation de soutien à Gaza prévue samedi. La société Française devient-elle la victime collatérale du conflit du Proche-Orient?
Pascal BONIFACE: La société française ne devient pas la victime collatérale du conflit du Proche-Orient, elle l'est depuis longtemps. La reprise des violences entre Israéliens et Palestiniens a provoqué une poussée de fièvre en France, mais que la France soit malade du conflit israélo-palestinien, n'est hélas pas une nouveauté. Aucun conflit extérieur ne suscite de telles passions, de mises en cause si importantes des individus qui prennent des positions qui déplaisent. Des amis de longue date, qui ne partageant pas le même point de vue sur le conflit et ses conséquences en France, peuvent se brouiller. On ne voit ça pour aucun autre conflit.
Quel est votre point de vue sur l'interdiction des manifestations? Celle-ci ne risque-t-elle pas d'être contre-productive?
Si le but est de ne pas opposer les communautés, interdire les manifestations produit l'effet inverse. Ceux qui veulent manifester peuvent avoir le sentiment que le gouvernement répond aux désirs des institutions communautaires juives. Par ailleurs, il y a une atteinte au droit de manifester. Où placer les limites? Faudra-t-il par la suite interdire les nombreuses et variées manifestations de soutien à Israël? Faudra-t-il interdire les articles critiques sur l'action du gouvernement israélien parce qu'ils seraient censés contribuer à alimenter l'antisémitisme? Le risque est de radicaliser une partie de ceux qui se sentent solidaires des Palestiniens.