ISRAEL: assassinats d'enfants palestiniens
L'armée israélienne a recommencé ses attaques contre les civils palestiniens de Gaza.
Les victimes se comptent déjà par centaines mais les autorités israéliennes n'ont pas l'intention de s'arrêter.
La communauté internationale, responsable de la création de l'état d'Israël et de ses conséquences, ne bouge pas.
Des Juifs sont conscients du mal que provoque l'attitude de leur gouvernement et redoutent la haine que ces actes guerriers peuvent provoquer.
Ils sont malheureusement minoritaires.
Le Parisien:
Gaza : plus de 60 morts dans les raids israéliens
Le bilan de l'opération aérienne israélienne lancée depuis trois jours contre le Hamas dans la bande de La réunion a été réclamée par les Palestiniens et les pays arabes à l'ONU ainsi que par le secrétaire général de l'organisation Ban Ki-moon lui-même. "Gaza est sur le fil du rasoir", a-t-il averti mercredi soir, en évoquant le risque que la situation "échappe à tout contrôle".
Des femmes et des enfants tués
Ce jeudi, plusieurs raids distincts sur Gaza ont fait 17 morts, dont 13 dans la ville de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Un premier raid a frappé une échoppe de Khan Younès, tuant six hommes et en blessant plusieurs autres. Puis plus tard, d'autres frappes ont touché deux maisons et tué sept personnes, dont trois femmes et quatre enfants.
Un autre raid, sur le camp de réfugiés de Nusseirat, a lui tué l'occupant d'une maison et fait plusieurs blessés. Et tôt ce jeudi matin, c'est dans la ville de Gaza qu'un nouveau raid a fait trois morts. Ce nouveau cycle de violences est le plus grave depuis une offensive israélienne contre Gaza fin 2012, dont l'objectif était là aussi de faire cesser les tirs de roquettes.
Vers une offensive terrestre ?
Les chars israéliens sont d'ores et déjà postés à la frontière entre le sud d'Israël et Gaza, tandis que Netanyahu est pressé par son gouvernement pour lancer une offensive terrestre à Gaza, où l'armée israélienne s'est retirée en 2005.
Le porte-parole de l'armée a pour sa part averti que "l'opération allait s'étendre dans les prochains jours", alors que le président sortant Shimon Peres a prévenu qu'une opération terrestre "pourrait arriver bientôt". Et c'est en prévision d'une telle éventualité "que les ordres de mobilisation de 40.000 réservistes ont été donnés", a expliqué un ministre.
LIBÉRATION:
A Gaza, «l'impression de vivre un cauchemar»RÉCITNotre envoyée spéciale s'est rendue à Khan Younès, où huit membres d'une même famille ont péri dans le bombardement de leur maison. Elle raconte les événements des dernières heures.
«L’hôtel de Gaza-Ville, où je dormais cette nuit, se trouve en bord de mer. A 2h30, une énorme déflagration: celle de la bombe tirée par un avion F16 israélien qui a fait trembler les murs, une vitre s’est brisée, dans l’hôtel ou l’immeuble voisin. Ensuite on a entendu plusieurs détonations, et des missiles ont notamment été tirés par la marine israélienne. L’objectif était apparemment le terrain vide sur la plage. Puis, deux roquettes ont été lancées depuis ce terrain, et peu après des hommes se sont mis à tirer à la kalachnikov depuis cette plage, peut-être des tirs de colère en direction des navires militaires au large.
Les bombardements israéliens sont plus nombreux qu’hier. Ce sont toujours des frappes ciblées sur des objectifs déterminés. Sur des terrains vagues, zones d’entraînement ou de lancement de roquettes. Il y a aussi des assassinats ciblés d’activistes, se déplaçant à moto ou en voiture. La différence par rapport à l’opération de novembre 2012, «Pilier de défense», c’est la multiplication des frappes sur des maisons privées, qui appartiendraient à des responsables du Hamas ou du Jihad islamique. C’est là qu’on compte le plus grand nombre de civils tués. En outre, des installations civiles du Hamas sont désormais visées, des bâtiments administratifs, vidés de leurs occupants, comme le ministère de la Défense, ont été bombardés.
DES RUES DÉSERTÉES DE LEURS HABITANTS
On a appris ce matin qu’à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, une frappe a entièrement détruit la maison de la famille Al-Hadj, située dans un quartier densément peuplé. Huit occupants de la maison sont morts. Je me suis rendue sur place pour vérifier les faits. La route menant de Gaza-Ville à Khan Younès est vide, et les rues désertées par les habitants. Dans un quartier, des gens couraient se mettre à l’abri, après un tir de semonce annonçant une attaque. C’est à Khan Younès que les frappes ont été les plus nombreuses. Le porte-parole de l’hôpital de la ville donne les chiffres de 21 tués et 121 blessés depuis le début de l’opération «Bordure protectrice», il y a trois jours.
UN MESSAGE TÉLÉPHONIQUE
La maison Al-Hadj a été entièrement détruite et des bâtiments autour ont également été touchés. Un voisin, Kamel, disait avoir «l’impression de vivre un cauchemar», et s’il n’y a pas eu de victimes dans sa famille, sa maison est inhabitable. On me raconte que l’armée israélienne a averti du bombardement par téléphone, ce qui laisse normalement le temps d’évacuer la maison. Sauf que l’appel a été passé sur le portable d’un des fils qui ne se trouvait pas chez lui à ce moment-là, il n’a pas pu transmettre le message à temps pour que ses proches se mettent à l’abri. Le chef de famille, qui serait un responsable important du Hamas mais je n’ai pas pu vérifier l’information pour le moment, sa femme, la sœur de sa femme, ses fils de 16, 18 et 20 ans et ses filles de 14 et 21 ans sont morts.
J’ai demandé à voir les corps à l’hôpital de Khan Younès. La vérification du nombre de morts et de leur âge est toujours difficile. On m’a montré des photos prises dans la morgue, des corps présentés avec des pancartes portant leurs noms en arabe, et il n’y a guère de doute qu’il s’agit bien de la famille Al-Hadj. Il semblerait que ce soit l’attaque la plus meurtrière pour le moment.
Shaadi, un habitant de Beit Hanoun, a lui aussi perdu six membres de sa famille dans une frappe, hier. Il relevait, poétique : «Moi je ne suis qu’un petit oiseau et eux viennent avec leurs grosses bombes.»
Aude MARCOVITCH (envoyée spéciale à Gaza)
LE POINT
15 femmes et enfants tués
Vingt-deux Palestiniens, dont quinze femmes et enfants, ont péri mercredi dans des raids israéliens contre la bande de Gaza, portant à quarante-trois le nombre de morts depuis le début d'une offensive israélienne lundi à minuit, selon les secours. Ces raids ont également fait plus de 370 blessés en deux jours, a déclaré le porte-parole des services des urgences, Ashraf al-Qodra. Mercredi, des quatre raids, toutes les victimes étaient des femmes et des enfants. Dans l'après-midi, une mère et ses quatre enfants ont ainsi été tués par un missile s'étant abattu sur leur maison à Al-Maghazi, un camp de réfugiés dans le centre de la bande de Gaza.
Dans l'est de la ville de Gaza, près de la frontière avec Israël, deux frères de douze et treize ans ont été tués à Chejaïya, tandis qu'un garçon de dix-huit mois et sa mère sont morts à Zeitoun. En outre, une femme de quarante ans et son fils de quatorze ans ont péri lors d'une frappe aérienne israélienne à Beit Hanoun, au nord de la bande de Gaza. Le raid le plus meurtrier a eu lieu peu après minuit dans la ville de Beit Hanoun, dans le nord du territoire palestinien. Un commandant local du groupe radical Djihad islamique, Hafez Hammad, a péri dans la destruction de sa maison, avec cinq membres de sa famille, dont deux femmes et une adolescente de seize ans.
Des dizaines de missiles tirés
Ailleurs dans le territoire palestinien, un homme de trente ans a été tué dans un raid aérien à Rafah (sud). Alors que le jour se levait, un missile tiré par un drone israélien a tué un homme qui circulait sur une mobylette à Beit Lahiya (nord). Un deuxième homme se trouvant sur la mobylette a été grièvement blessé. À Moughrada, dans le centre de la bande de Gaza, une femme de quatre-vingts ans a par ailleurs été retrouvée morte dans les décombres de sa maison bombardée. Dans le même secteur, un missile israélien a tué deux hommes de soixante ans et trente et un ans dans un champ près du camp de réfugiés de Nousseirat.
Mardi, vingt et un Palestiniens avaient été tués, dix-sept dans des frappes aériennes et quatre militants de la branche armée du Hamas abattus après s'être infiltrés en Israël par la mer pour attaquer une base militaire. L'aviation israélienne a annoncé avoir effectué 550 raids depuis le début de son offensive "Bordure protectrice", menée en riposte après des salves de roquettes palestiniennes. Mercredi, au moins quarante-huit roquettes ont touché Israël, dont une dans le secteur de Tel-Aviv. Seize autres ont été interceptées par le système anti-missiles Iron Dome, dont deux dans le secteur de Tel-Aviv, selon l'armée. Mardi, un total de cent dix-sept roquettes avaient touché Israël, tandis que quarante-cinq avaient été détruites en vol, selon l'armée. Aucune victime n'a été signalée, mais, selon la police, un centre commercial a été endommagé à Ashdod, non loin de Gaza.