La guerre pour l'uranium 17
Et voilà que les "terroristes" s'attaquent à la ressource de l'uranium que la France voulait protéger en faisant la guerre au Nord-Mali!
On apprend à cette occasion que des soldats des services spéciaux français protégeaient le site d'Areva et que des drônes américains étaient positionnés au Niger.
Les peuples africains n'ont jamais pu profiter des bénéfices tirés de leur sous-sol par les sociétés occidentales. Les anciennes puissances coloniales veulent continuer leur pillage et cela a des conséquences meurtrières.
Voici les informations données par Radio France Internationale
Niger: double attentat-suicide à Agadez et Arlit, le Mujao accusé
L'une des voitures piégées visait les installations de la Somaïr, à Arlit.
AFP
Par RFI
Un double attentat a eu lieu à Agadez et Arlit, au Niger, ce jeudi 23 mai au matin. Deux véhicules piégés ont visé un camp militaire et une usine d'une entreprise minière. Des échanges de tirs ont ensuite éclaté. Le gouvernement accuse le Mujao, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest, d'être à l'origine de l'attaque.
La première attaque s’est produite au nord-est de la ville d’Agadez, devant le principal camp militaire de la zone de défense n°2. Un véhicule 4x4 bourré d’explosifs a sauté tout près du portail. Selon plusieurs sources contactées par RFI, la violence de l’explosion qui s’est produite au petit matin a provoqué la panique dans la ville d’Agadez.
Les militaires ont rapidement réagit, faisant face à un groupe de combattants djihadistes qui suivait le kamikaze. Les combats ont ensuite cessé et les assaillants auraient été encerclés. Selon le ministre de la Défense, Mahamadou Karidjo, « les assaillants ont été neutralisés ». Plusieurs soldats nigériens auraient été tués, selon des sources militaires. Un diplomate français, sous couvert d'anonymat, évoque une dizaine de morts.
Une certitude aujourd’hui : on peut dire que le Mujao a infiltré le nord du Niger. C'est la première fois que ce pays est pris pour cible par ce type d'attaques. Mahamadou Karidjo désigne des « peaux rouges », un terme utilisé dans cette région pour qualifier les communautés touarègue et arabe.
Attaque à Arlit
La seconde attaque, simultanée, s’est produite à Arlit, la cité minière. Un véhicule également bourré d’explosifs a sauté tout près de l’usine de la Somaïr, qui n’a pas été endommagée. Areva annonce dans un communiqué que 13 employés nigériens ont été blessés par la déflagration.
La Somaïr, Société des mines de l'Aïr, est une filiale d'Areva en copropriété avec l'Etat nigérien. Elle exploite depuis 1971 plusieurs gisements d'uranium dans le nord-ouest du Niger.
Les assaillants ont trompé la vigilance des gardiens en pénétrant dans la zone sécurisée, avec les véhicules qui transportaient les équipes de relève. Le conducteur, habillé en treillis militaire, aurait été tué dans l'explosion.
Les villes d'Agadez et d'Arlit sont en état d'alerte ainsi que toute la zone nord du pays. Les militaires sont sur le pied de guerre.
Niger: l’attaque contre la mine d’uranium d’Arlit, un coup dur pour Areva
Niger: l’attaque contre la mine d’uranium d’Arlit, un coup dur pour Areva
La mine d’uranium d’Arlit exploitée par Areva.
Wikimedia
Par RFI
Au Niger, c'est la consternation après l'attentat commis à Agadez et contre le site minier d'Arlit. L’attentat contre la mine d'uranium, exploitée depuis quarante ans par la compagnie française Areva (anciennement CEA-Industrie) et pour laquelle elle constitue un gisement stratégique, aura aussi un impact sur l'économie du Niger. La mine d'Arlit y joue en effet un rôle important.
Le site d’Arlit demeure une source d'approvisionnement stratégique pour Areva. Le groupe nucléaire français a beau diversifier de plus en plus son approvisionnement en uranium, puisque le Kazakhstan a doublé le Niger dans son portefeuille, le Niger n'en reste pas moins une pièce maîtresse de l'approvisionnement d'Areva.
20% du combustible des centrales françaises
Avec 3 600 tonnes d'uranium extraites par an, le Niger fournit 37% de l'uranium du groupe français et 20% du combustible des centrales nucléaires françaises.
L'attentat suicide a touché la mine d'Arlit, exploitée par la Somaïr, l'une des filiales d'Areva au Niger. C'est la mine la plus importante à ce jour, puisqu'elle produit la quasi-totalité de l'uranium nigérien -en attendant un hypothétique développement du gisement géant d'Imouraren, plus au Sud.
Toutes les opérations sur le site ont été stoppées. Autant dire que l'attentat touche au cœur l'activité minière d'Areva, et qu'il ébranle un des piliers de l'économie nigérienne, puisqu'Areva est le premier employeur du pays. « Pour nous, il y a les employés de la mine et tous ceux qui travaillent autour. Ce sont des milliers de clients de la banque, parmi les plus importants, les plus solides », témoigne un banquier de Niamey.
Arlit est une mine qui appartient à 64% à l'entreprise française et à 36% à l'Etat du Niger. Areva est le premier employeur privé du Niger. Pour autant, Niamey estime ne pas bénéficier assez des retombées économiques de cette mine.
Des retombées jugées limitées sur le budget de l'Etat nigérien
Le président Issoufou, comme le ministre des Mines, l'ont dit à de multiples reprises : le Niger a beau être le deuxième producteur d'uranium au monde, cela n'a contribué qu'à hauteur de 5% au budget de l'Etat pour l'année 2012, soit environ 100 millions de dollars de retombées fiscales par an. Un partenariat déséquilibré, juge la partie nigérienne, qui estime qu'en quarante ans et 120 000 tonnes d'uranium exportées, le Niger a vu un milliard d'euros lui échapper.
Attentats au Niger: les intérêts français en Afrique de l’Ouest sont «des cibles prioritaires»
Des combattants du Mujao, près de l'aéroport de Gao, dans le nord du Mali, en août 2012.
Par RFI
Le Niger a été la cible d’un double attentat revendiqué par le Mujao, ce jeudi 23 mai. A Agadez, une voiture piégée a explosé devant l’entrée du principal camp militaire. Un autre véhicule piégé a sauté devant une mine d’uranium de la Somaïr, filiale du groupe français Areva. Pour Alain Rodier, directeur de recherche au Centre français de recherche sur le renseignement, chargé du terrorisme et de la criminalité organisée, si c’est le Niger qui a été touché, la France a également été directement visée.
RFI : Les Nigériens ont été les premiers à défendre l’idée d’une intervention au Mali. Aujourd'hui, le Niger ne paie-t-ilpas cet engagement militaire sur le terrain ?
Alain Rodier : Certainement. Maintenant, al-Qaïda au Maghreb islamique, et même -allons plus loin- al-Qaïda central, en veut beaucoup à la France pour l’action au Mali. Nous sommes une cible prioritaire. Les éléments d’Aqmi et des mouvements affiliés qui se sont répandus dans la zone après l’intervention passent à la contre-attaque.
Le Niger se savait menacé. Il disait craindre des menaces, notamment du Sud libyen. C’est de là qu’ont pu arriver les combattants du Mujao selon vous ?
Il ne fait aucun doute que des camps d’Aqmi et d’autres salafistes sont installés dans le Sud libyen, qui est totalement incontrôlé par le pouvoir central. Cela dit, il y a également des unités d’Aqmi réparties un peu partout et qui s’étendent depuis la Mauritanie, le Sénégal, le nord du Mali, le Niger, et peut-être le nord du Tchad. Ce ne sont pas des milliers de combattants, bien sûr. Mais ce sont des petits groupes d’activistes qui peuvent être extrêmement dangereux.
Les autorités avaient pourtant renforcé la surveillance des frontières. Comment se fait-il qu’elles n’aient rien vu venir ? D'autant que la sécurité du site d’Arlit avait été renforcée, puisque c’est là que cinq des sept otages français du Sahel avaient été capturés en septembre 2010...
|
23/05/2013 - NIGER / TERRORISME Niger: retour sur les évènements du jeudi 23 mai, après le double attentat à Arlit et Agadez |
C’est comme lors d’un attentat terroriste bien préparé, et c’est cela qui m’inquiète. Là, il y a vraiment une volonté programmée de nuire. Il semble qu'un véhicule, qui se serait infiltré parmi des travailleurs se rendant sur le site, a explosé au milieu des gens qui allaient prendre leur tâche. On sent quelque chose de préparé, d’autant que l’attaque du camp militaire était quasi simultanée. Cela signifie qu’il y a un commandement central qui a organisé cette affaire.
Le groupe français Areva est-il directement visé et, à travers lui, la France ?
|
24/04/2013 - LIBYE / FRANCE L’attentat contre l’ambassade de France à Tripoli toujours pas revendiqué |
Tout à fait. En particulier, tous les intérêts français sont visés. On l’a bien vu, avec l’ambassade de France en Libye, qui a été attaquée. Avec la menace contre la représentation diplomatique en Egypte, également. Maintenant, tous les intérêts français dans cette région sont des cibles prioritaires, au même niveau que les Américains. Mais il semble que nous sommes un petit peu plus visibles, un petit peu plus présents. Cela représente donc un risque exceptionnel.
La question de la sécurité se pose et, à travers elle, celle de la coopération. Les Américains ont proposé de stationner deux drones à Agadez, qui sont actuellement basés à Niamey. Les Nigériens n’ont pas voulu. La lutte contre le terrorisme ne passe-t-elle pas obligatoirement par des missions conjointes ?
Obligatoirement, parce qu’effectivement, le terrorisme ne connaît aucune frontière. Il faut donc une coopération entre tous les Etats. Malheureusement, dans la région de l’Ouest africain, il y a des réticences héritées du passé. Je ne citerai que les réticences qui peuvent exister entre l’Algérie et le Maroc, par exemple. Mais il faut arriver à une politique commune contre le terrorisme, parce que la menace, elle, est globale.
Attentats au Niger: la présence de forces spéciales françaises n’a pas empêché l’attaque d'Arlit
Arlit, la mine d'uranium exploitée par la société française Areva, au Niger.
Par RFI
Le Mujao a mené une attaque contre l'un des plus grands groupes français, Areva, tout juste un mois après l'attentat contre l'ambassade de France à Tripoli. Malgré des mesures de sécurité très importantes, malgré les 35 millions d'euros débloqués en mars par le géant du nucléaire, les terroristes ont trompé la vigilance des gardes.
« C'est une attaque bien préparée. » La déclaration de Marou Amadou, porte-parole du gouvernement nigérien, est très claire : « C'est le même type d'opérations qu'en Algérie à In Amenas », ajoute Marou Amadou.
Un Français, consultant privé en sécurité, va plus loin : « Le commando connaissait le site, analyse-t-il. La voiture a explosé à côté du broyeur de l'usine, c'est un endroit stratégique et ce n'est pas un hasard. » Pour ce spécialiste, il semble évident que les combattants du Mujao avaient des complicités internes.
Le site d'Areva était pourtant placé sous haute surveillance. La sécurité, renforcée une première fois après les enlèvements en 2010, avait encore été accentuée début janvier, au moment du déclenchement de l'intervention Serval au Mali. Areva a, en plus, débloqué 35 millions d'euros en mars dernier pour améliorer son dispositif.
Une « grosse faille » dans la sécurité
Mohamed Bazoum, le ministre nigérien des Affaires étrangères, a confirmé à RFI que des éléments des forces spéciales françaises étaient dans la zone depuis le début de l’année 2013, pour protéger les sites d'Areva avec les militaires nigériens.
Au ministère français de la Défense, à Paris, un colonel refuse de confirmer cette information. Il admet seulement qu'il y a eu « visiblement une grosse faille dans le processus de sécurité ».
Selon nos informations, les forces spéciales françaises ne se trouvaient pas sur les sites d'Areva, mais dans un lieu d'où elles pouvaient intervenir en cas urgence. Une stratégie que les terroristes ont su déjouer.