28 novembre 2005
L'ORDRE RÈGNE, LA MORT AUSSI.
L’ORDRE RÈGNE, LA MORT AUSSI
27 Novembre 2005
L’état d’urgence est proclamé. Pendant trois mois nous pourrons vivre comme en état de guerre. Les forces de l’ordre seront toutes puissantes pour protéger la veuve et l’orphelin et pour terroriser la racaille. Alors il faudra très vite savoir de quel côté on doit se placer quand on les verra rôder. Si l’on est du bon côté on pourra « dormir tranquille », mais si on pense être du mauvais côté, inutile de courir, notre vie sera en danger. C’est ce qui vient de se passer dans une petite ville paisible de France. Trois jeunes en voiture, suivis par la police, ont pris peur. Ils ont essayé de se sauver en empruntant un chemin de terre. La voiture est tombée dans l’eau du canal. Un mort et deux blessés. Mais bien sûr la police n’y est pour rien. Elle se trouvait là parce qu’il faut qu’elle y soit.
Nous sommes allés dimanche à Noisy le Grand, banlieue parisienne que nous avons habité pendant 18 ans, et des amis nous ont conduit pour voir le gymnase du collège Jacques Prévert, brûlé 3 fois depuis 10 ans. En arrivant une grille et sur la grille des bouquets de fleurs et quelques mots type ex-voto. Nous avons cru qu’il y avait eu des victimes humaines. Pas du tout. Les gens pleuraient un bâtiment et s’élevaient contre la violence. Quand on en arrive à donner autant d’importance à des biens matériels qu’à des humains, la confusion des valeurs est à son comble. Ils y avaient quelques bouquets encore le mois dernier à la station de métro « Quai de la gare », en face de l’hôtel parisien qui a brûlé en faisant 17 morts. Il faudra que je passe voir s’ils y sont toujours. Je pense qu’on risque d’oublier ces pauvres gens morts de la misère avant le gymnase construit avec des matériaux qui ne demandent qu’à brûler.
Il commence à faire froid. Quelques centimètres de neige et le pays se paralyse, les gens meurent dans la rue. On nous dit à la télévision qu’il reste des places dans les centres d’hébergement et le responsable du logement d’urgence dit qu’il est débordé par la demande. J’ai tendance à croire ce dernier.
Encore une chose : le gouvernement, qui continue sa chasse aux pauvres, vient d’instaurer une taxe d’habitation sur les caravanes. Le gars qui a une caravane de 7 mètres carré payera autant que s’il avait un appartement de deux pièces dans Paris. Pourquoi ne pas mettre une taxe d’habitation sur les voitures ? Certains dorment dedans car ils n’ont plus de logement et un homme, qui travaillait pourtant, vient de mourir de froid dans sa voiture… sans avoir payé sa taxe !
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