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7 novembre 2005

DIEU ET LA VIOLENCE

DIEU ET LA VIOLENCE 8 novembre 2005 Complètement dépassés par les violences urbaines qui continuent, les "autorités" politiques et religieuses disent n'importe quoi. "La violence est contraire à la volonté de Dieu". C'est la meilleure que j'ai entendue ce matin à la radio. C'est une fatwa, lancée par un mouvement islamiste pour calmer les jeunes. Et cette information semble importante à une radio nationale qui n'a cessé de condamner les fatwas lancées contre Salman Ruhsdi et autres. Comme si la religion, qui avait réussi à convertir le principal agitateur des évènements de Vénissieux dans les années 80, en imam, pouvait jouer un rôle. On sait que la religion, à de rares exceptions près ( abbé Pierre, Me Gaillot...) a toujours servi les pouvoirs en place, même les plus fascistes, mais on sait aussi à quoi il faut s'attendre quand elle a recueilli les fruits de son travail. Chirac, à la télé hier soir, est apparu nerveux, fatigué, hagard, incapable de trouver les mots qui correspondaient à la situation. On commence aussi à parler de Mai 68. Il y a du vrai. Un phénomène prévisible qui surprend tout le monde, une incompréhension des adultes, des autorités dépassées, un président impuissant. Seul signe visible: la violence. C'est aussi ce qui était montré en priorité en 68 pour déconsidérer le mouvement et retourner l'opinion publique. Aujourd'hui les policiers ont reçu la consigne de ne pas réagir. Ils se sont faits canarder, comme à Grigny cette nuit, par des gamins et même des gamines. On les prépare à réagir violemment quand on les lâchera. C'est la même tactique qu'en 68 quand les CRS étaient enfermés dans leurs cars surchauffés et injuriés toute la journée avant de se défouler le soir sur les étudiants ou les passants qui avaient la mauvaise idée d'habiter dans le quartier. Je parlais hier de Noisy le Grand. J'apprends hier soir que deux gymnases ont été brûlés à Noisy le Grand. Peut-être le gymnase du Collège Jacques Prévert qui a déjà brûlé deux fois. Alors pourquoi les jeunes l'avaient déjà brûlé? Parce que ce gymnase appartient à l'éducation nationale, qu'il est gardé par une personne qui ne l'ouvre qu'aux heures de cours et que l'accès est réservé à des responsables. Normal! puisqu'il faut protéger les installations. Mais ce gymnase n'appartient pas à la population, il n'est pas sous leur responsabilité et représente un élément du pouvoir. Et en plus c'est une cible facile. Un habitant d'une banlieue qui assure la garde de nuit avec d'autres habitants du quartier pour éviter les feux témoigne que les gamins s'enfuient dès qu'il se montre. On ne peut donc pas parler d'organisation structurée. Dans un groupe de jeunes interrogé par un animateur qui leur fait remarquer qu'ils sont en train de brûler les voitures de leurs parents dans le quartier l'un d'eux propose d'aller brûler un peu plus loin. Un habitant signale aussi qu'à Grigny le quartier 2 s'était manifesté la veille et que le quartier 1 a voulu montrer ce qu'il savait faire le lendemain, mais que les affrontements avec la police s'étaient arrêtés au moment où la retransmission d' un match de foot commençait à la télé. Tout cela procède donc d'un grand jeu dangereux. Dangereux d'abord pour tous ces jeunes, déjà victimes de leur situation sociale et futures victimes de la répression qui se prépare avec l'assentiment de la population française. Le pouvoir s'est vengé pendant 30 ans de ses faiblesses de mai 68. Il ne laissera pas passer une nouvelle humiliation. Les gouvernants les plus faibles sont les plus redoutables. Incapables de résoudre les problèmes sociaux ils préfèrent écraser les faibles et les pauvres.
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