Urgence climatique : quand les jeunes accusent

on ne joue plus

 

Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France, en publiant ce livre " On ne joue plus ! Manuel d'action climatique et désobéissance civile ", encourage les citoyen/ne/s à agir pour la protection du climat avant qu'il ne soit trop tard,

Il écrit en introduction : « Ce livre est un appel à l'audace et un encouragement à passer à l'action. Nous sommes la dernière génération d'êtres humains à pouvoir agir pour endiguer les dérèglements du climat. Si nous laissons ce problème entre les mains de nos enfants, il sera trop tard. »

Le départ médiatisé de l'écologiste Nicolas Hulot du gouvernement Macron et le recours juridique contre l'État français dans " l'Affaire du siècle ", lancé par les associations Notre affaire à tous, Oxfam, la Fondation pour la nature et l'homme, Greenpeace France, ont eu un fort impact sur l'opinion publique. Mais ce sont aussi les grèves de l'école, initiées en Suède par la jeune Greta Thunberg et reprises en France en février 2019 par les lycéens français, avec pour slogan : « La planète sèche, je sèche l'école » qui ont impressionné les citoyen/ne/s.

Jean-François Julliard encourage cette jeunesse audacieuse avec cette formule : « Est-il bien sage de rester sage dans un monde en si grand danger ? » Il ajoute : « Désobéir est à l'opposé de la résignation, désobéir est l'apanage des optimistes... La désobéissance civile est légitime quand elle s'effectue de manière désintéressée et au nom de l'intérêt général... elle est utile parce qu'elle renverse le rapport de force et contraint les responsables politiques à réagir. »

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Ce sont d'ailleurs les modes d'action bien connus des activistes de Greenpeace, qui ont réussi, en pénétrant dans les centrales nucléaires de Cattenom (Moselle) et celle de Cruas-Meysse (sur le Rhône) fin 2017, à obliger EDF à s'interroger sur la protection des bâtiments.

Et pourtant, malgré les risques « le gouvernement Macron a renoncé à engager le pays sur la voie d'une réduction de la part du nucléaire dans la production d'électricité. » C'est toujours la productivité qui prime et nous sommes d'accord avec Jean-François Julliard, quand il écrit : « Le néolibéralisme n'est pas compatible avec l'urgence climatique. »

À l'Union pacifiste nous ajouterons : le néolibéralisme n'est pas compatible avec le pacifisme. Il doit aussi être dénoncé vigoureusement, car les catastrophes guerrières s'ajoutent souvent aux cataclysmes écologiques.

Le commerce des armes, si prospère en France, ne respecte même pas les traités internationaux que l’État a signés (comme en péninsule arabique).

Nous espérons donc que les jeunes qui accusent à juste raison les États pour leur manque de courage face à l'urgence climatique, s'engageront aussi, avec la même énergie, pou accuser le gouvernement français de semer la mort avec ses fabrications et ventes d’armes.

 

Jean-François Julliard : On ne joue plus ! Manuel d'action climatique et désobéissance civile. Don Quichotte Seuil, 13 €, 160 p.