Les vieilles méthodes de répression sont utilisées par le nouveau gouvernement pour étouffer toute contestation en France.

Le site de stockage de déchets nucléaires de Bure est un bon exemple.

Depuis le mois de juin 2007 la force policière harcèle les opposants et le rassemblement du 15 août leur a permis de provoquer des violences pour décourager les manifestants.

Mais le mouvement de protestation est historique et profond. Il ne s'arrêtera pas.

Du journal Libération:

Manif anti-Cigéo à Bure: «Ce sont les forces de l’ordre qui ont mis le feu aux poudres»

Par Raphaël Goument — 16 août 2017 

 

Sur le futur site de Cigéo, à Bure (Meuse), en 2016. Photo Jean-Christophe Verhaegen. AFP

 

Jean-Marc Fleury, président de l’association d’élus opposés au futur site d’enfouissement des déchets nucléaires dans la Meuse, explique pourquoi, selon lui, le rassemblement des opposants à Cigéo a dégénéré mardi.

  • Manif anti-Cigéo à Bure: «Ce sont les forces de l’ordre qui ont mis le feu aux poudres»

Mardi après-midi, la manifestation, non déclarée à la préfecture, des opposants à Cigéo, le futur site d’enfouissement des déchets nucléaires prévu à Bure (Meuse), s’est soldée par des affrontements avec les forces de l’ordre. Deux gendarmes ont été blessés, ainsi qu’une trentaine de manifestants dont six plus sérieusement que les autres, selon les opposants. Le cortège devait rejoindre un site archéologique datant du néolithique, découvert en 2016 par des scientifiques de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) et qui s’étend sur les terrains supposés accueillir Cigéo. Des fouilles y ont été autorisées, mais seulement sur un quart de la superficie supposée du site. Les opposants y voient un nouveau passage en force de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Jean-Marc Fleury, ancien maire du petit village de Varney, à 50 kilomètres de Bure, et président de l’Eodra, l’association des élus opposés à Cigéo, était présent à la manifestation. Il raconte.

Quel était le but de cette manifestation?

L’idée était de se rendre sur le site néolithique de Saudron [une commune voisine de Bure, ndlr] découvert récemment près du laboratoire de l’Andra. C’est un site archéologique exceptionnel, ne serait-ce qu’en superficie. N’importe où ailleurs, il serait fouillé de fond en comble. Là, les autorités décident qu’il n’y aura pas de fouilles. Nous voulions dénoncer le passage en force supplémentaire des autorités et de l’Andra, pointer symboliquement cet abus.

Que s’est-il passé mardi lors de la manifestation des opposants à Cigéo ?

Nous avons commencé par un point presse, puis nous avons démarré la manifestation depuis la salle des fêtes de Bure. C’est simple, nous n’avons pas pu sortir de la commune, les forces de l’ordre nous ont bloqués au bout de 100 mètres. Il y a eu de légers affrontements, puis nous sommes retournés au point de départ. Nous avons tenté d’emprunter des chemins à travers champs pour rejoindre le site, mais nous avons à nouveau été bloqués à la sortie de Saudron. J’ai quitté le rassemblement vers 18 heures, ça s’est fini dans le désordre, il y avait des blessés, dont six qui ont eu besoin de soins plus particuliers. Quand les forces de l’ordre sont si présentes et si peu discrètes, c’est qu’ils cherchent l’affrontement, ils avaient l’intention d’en découdre. Rien de plus pratique pour ensuite pouvoir dénoncer les casseurs. Oui, je sais bien que pour se battre, il faut être deux, mais [mardi], ce sont les forces de l’ordre qui ont mis le feu aux poudres.

Côté manifestants, qui était présent ?

Nous étions un petit millier, il y avait les nouveaux opposants, les jeunes occupants du bois mais aussi les opposants «historiques», les gens du coin. C’est frappant, malgré la forte probabilité que la manif dégénère, les locaux sont restés, ils étaient là. Je pense que ça traduit un rejet de plus en plus fort du projet, un ras-le-bol. On milite depuis plus de vingt ans, la démocratie est bafouée en permanence, l’exaspération est complète. Donc au final, les pacifiques restent solidaires.

Raphaël Goument