Pour l'Inde, un pays toujours en guerre avec le Pakistan, la France n'a rien de mieux à proposer que des armes de guerre.

Notre petit voyageur de commerce va essayer de conclure la vente de 36 avions de combat Rafale que les Indiens, bons commerçants, négocient depuis plusieurs mois.

A la frontière du Pakistan, dans le Rajasthan, à Jaisalmer, des pilotes indiens s'entraîneraient déjà sur ces engins de mort. Ce qui provoque des nuisances sonores terribles pour les habitants. Mais les militaires indiens, comme les militaires français, ont tous les droits!

Alors souhaitons, en mémoire de Cabu qui dénonçait déjà la vente des Mirage, que des responsables indiens seront suffisamment sages pour refuser cet achat et utiliser l'argent pour des besoins de leur peuple beaucoup plus essentiels.

 

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Dessin publié dans " Cabu en Inde", Le Seuil, 2002

 

Dans les Echos:

Rafale : dernière ligne droite pour le contrat indien

ANNE BAUER / JOURNALISTE AÉRONAUTIQUE DÉFENSE
La France attend impatiemment la concrétisation de l’achat de 36 avions rafals par l’Inde. - SIPA
  • New Delhi a envoyé les documents nécessaires à la finalisation du contrat d’achat de 36 Rafale.

C’est le sprint final. Le gouvernement indien a renvoyé le 31 décembre à la France les documents nécessaires à la finalisation du rachat de 36 avions de combat Rafale, indique-t-on à Paris, confirmant des informations de la presse indienne. Le texte de l’accord inter-étatique est passé au crible pour d’ultimes vérifications, afin de permettre une finalisation de ce contrat de plus de 5 milliards d’euros lors de la visite d’Etat du président François Hollande en Inde le 26 janvier.

Pour la presse indienne, le débat houleux qui a agité la classe politique indienne sur la nécessité du « made in India » est enfin clos, l’Armée de l’air indienne, soucieuse d’augmenter au plus vite ses capacités avec les Rafales, l’ayant emporté. Dassault devra lui livrer 36 avions de combat au plus tard trois ans après la signature du contrat, mais sans doute plus rapidement.

Depuis l’annonce en avril par le premier ministre indien Narendra Modi de cette commande, les négociations autour des compensations industrielles (« off-set ») demandées à la France ont été acharnées. Faute de s’entendre avec Dassault sur les coûts et la faisabilité d’un Rafale made in India, New Delhi a été tatillon sur les transferts de technologies et la nécessité pour les industries françaises de nouer des partenariats avec ses producteurs locaux, notamment son fabricant aéronautique public Hal. D'autant plus que son industrie aéronautique est encore faible, en comparaison de celle de son voisin chinois.

Rude marchandage

Après un rude marchandage, l’Inde obtiendrait que les compensations accordées par la France totalisent au moins 50 % de la valeur du contrat. De fait, pour toute commande publique à l’étranger, le gouvernement indien dispose d’un système sophistiqué d’« off-set », avec des coefficients de valorisation qui évaluent les engagements pris selon un barème bien défini. Par exemple, le transfert de technologie sur la motorisation sera bien mieux noté que la formation des futurs pilotes indiens du Rafale. Dassault et ses partenaires Safran et Thales doivent donc être assez précis sur les formes de partenariats à venir avec l’industrie indienne de l’aéronautique, les Indiens souhaitant surtout renforcer leurs compétences dans ce domaine plutôt que d’obtenir des « off-sets » qui ciblent d’autres industries ou services comme cela se pratique souvent sur les grands contrats d’exportation.

Les industriels français y ont d’autant plus intérêt qu'ils espèrent que cette commande ne sera qu’une première étape, l’Inde ayant besoin d’environ 150 avions de combat. « Il y en aura forcément une seconde, mais elle n’est pas encore définie », déclarait récemment Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation.