MIREILLE JOSPIN, PACIFISTE

 

La sortie du film «  La dernière leçon », librement inspiré du récit de Noëlle Châtelet sur la fin de vie de sa mère Mireille Jospin, est l’occasion de parler à nouveau d’une femme exceptionnelle que l’Union Pacifiste est fière d’avoir comptée parmi ses membres. Avec son mari Robert Jospin, déjà engagé dans «  Les combattants de la paix » avant la deuxième guerre mondiale, Mireille Jospin, sage-femme, a toujours défendu la vie et s’est toujours opposée à toutes les formes de violence.  J’ai été heureux de mieux la connaître lorsque j’ai réalisé son portrait dans le documentaire: «  Mireille Jospin, une femme en marche », diffusé en 2001 sur TV5 monde.

 

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Le film de fiction: «  La dernière leçon » 

 

J’ai assisté à l’avant-première du film de Pascale Pouzadoux, dans le Var, à Six-Fours, en présence des deux actrices Marthe Villalonga et Sandrine Bonnaire. La salle était comble. Les spectateurs ont apprécié la belle interprétation des comédiennes et ont été émus par le thème de la fin de vie qui touche de plus en plus de personnes favorables à une mort choisie. Le film porte le même titre que le livre à succès écrit par Noëlle Châtelet: «  La dernière leçon ». Invitée dans l’émission «  La grande librairie » de France 5  Noëlle Châtelet a reconnu que le film était: « une trahison librement consentie ». En effet, la sage-femme interprétée par Marthe Villalonga, est éloignée de la personnalité de Mireille Jospin. Ce film, très consensuel, qui contient tous les ingrédients tragi-comiques traditionnels d’un film populaire, ne veut heurter aucune «  bonne conscience » et justifie le suicide de l’héroïne par une déchéance physique avancée. Pour Mireille Jospin, le suicide était un acte de liberté qu’elle a voulu rendre public pour servir la cause qu’elle défendait. 

Après la projection, j’ai donc lancé la discussion sur la lutte menée par Mireille Jospin pour la dépénalisation de l’euthanasie. 

 

Le Droit de Mourir dans la Dignité

 

Le nom de l’association n’est jamais prononcé dans le film «  La dernière leçon » mais la publicité faite avant sa sortie, a permis à Jean-Luc Romero, actuel président de cette association, de s’exprimer dans plusieurs médias. Il a dit sur Europe 1:

«  A la première réunion de l’ADMD à laquelle j’ai assistée, Mireille Jospin, que je ne connaissais pas encore, a déclaré: « Je m’engage dans cette lutte pour la dépénalisation de l’euthanasie pour aider tous ceux qui ne pourront pas faire comme moi, car étant du corps médical, je pourrai décider de ma fin de vie. » 

Jean-Luc Roméro a souligné le côté altruiste des combats de Mireille Jospin.

Pendant la réalisation du film «  Mireille Jospin, une femme en marche », qui a duré plusieurs mois, toute l’équipe masculine a pu apprécier ses qualités de persuasion si bien qu’à la fin du tournage plusieurs membres de l’équipe ont adhéré à des associations comme l’ADMD.

Si Mireille Jospin a pu organiser, seule, sa fin de vie, elle aurait préféré être entourée de ses proches et aidée par un médecin. Cette idée de devoir mourir seule la tourmentait, mais elle savait que la loi punissait ceux qui aident une personne à mourir. 

  Elle m’en avait fait part, deux ans avant son décès, au cours d’un voyage en avion qui nous conduisait à Marseille. Nous étions invités, pour une projection du documentaire, par le maire de Château-Arnoux ( Alpes de Haute Provence) José Escanez . 

Voulant  faire plaisir à Mireille Jospin, José Escanez l’a accompagnée à Arles dans une fête organisée à l’hôtel de ville par le maire de l’époque: Michel Vauzelle. Les élus socialistes étaient nombreux . Au cours de la réunion Michel Vauzelle offrait des cartons d’invitation et en donna un à Mireille Jospin. Elle l’examina. Il s’agissait d’un billet pour assister,  dans la tribune d’honneur, à une corrida. Sous les yeux ébahis des témoins Mireille Jospin rendit le carton à Michel Vauzelle en lui disant : «  Comment avez-vous le culot de m’offrir ce billet? Je suis contre la corrida et vous devriez aussi la faire supprimer dans votre ville ». Mireille Jospin luttait avec Thédore Monod pour l’abolition de ce spectacle barbare. 

 

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Défendre la vie et le pacifisme.

 

Mireille Jospin était toujours très émue quand elle aidait à mettre un enfant au monde  et elle n’acceptait pas l’idée que cette vie soit un jour sacrifiée dans une guerre. Elle avait été fortement traumatisée, pendant la deuxième guerre mondiale,  par le bombardement de l’usine Renault de Billancourt, auquel elle avait assisté depuis la terrasse de l’observatoire de Meudon.  Elle partageait totalement les idées pacifistes de Robert Jospin et avait adhéré dès le début à l’Union Pacifiste.

En 1999, à l’époque du tournage du documentaire, les drames de la guerre menée par l’Otan au Kosovo l’inquiétait beaucoup. Elle nous disait avec malice que la grande affiche antimilitariste de Cabu qu’elle avait collée au dessus de la chasse de ses toilettes, dans son appartement de la Celle Saint-Cloud, était utile, pour rappeler aux hommes qui urinaient debout, et en particulier, à son fils Lionel, alors premier ministre, qui lui rendait souvent visite, que la guerre était un désastre.

A 90 ans, elle n’hésitait pas à prendre la parole dans les nombreuses réunions d’association auxquelles elle participait pour donner son point de vue. Après la mort de Robert Jospin, en 1990, elle s’est investie doublement dans l’association pacifiste.

A l’Union Pacifiste nous continuons à avoir respect et admiration pour cette grande dame à la forte personnalité. 

 

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En accès libre sur Ce blog:

Ecoutez Mireille Jospin, une femme en marche

2000, 70 minutes, film vidéo

http://bbernard.canalblog.com/archives/2013/01/02/26049754.html