Des "casseurs" sèment la terreur à Niamey.

Peut-on s'en étonner?

Oui, car les Nigériens ont rarement fait preuve de violences contre les ressortissants étrangers. Et je peux en témoigner car j'ai vécu deux années au Niger, quand j'étais réalisateur à la Télévision Scolaire.

 

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Voici une photo de ma mère au Centre Culturel de Niamey en 1969.

 

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Alors peut-on vraiment s'étonner des émeutes actuelles de Niamey qui ont pris pour prétexte la dernière Une du journal de Charlie-Hebdo?

Non, si l'on s'intéresse à la situation sociale de cette ancienne colonnie française et à l'emprise actuelle de l'ancienne puissance coloniale dans le pays. L'uranium intéresse beaucoup de monde!

Espérons que cette tension ne provoquera pas plus de morts chez ce peuple nigérien que nous avons tant apprécié.

 

Manifestation contre Charlie Hebdo à Niamey, le 17 janvier 2015.© AFP

Trois églises incendiées, appel aux expatriés à "éviter toute sortie": des manifestations violentes embrasaient samedi la capitale nigérienne Niamey contre la publication de la caricature de Mahomet dans l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, au lendemain d'un "vendredi noir" dans la ville de Zinder.

En fin de matinée, un millier de jeunes s'étaient réunis près de la grande mosquée de Niamey, en dépit de l'interdiction du rassemblement par les autorités, aux cris de "À bas la France", "À bas Charlie Hebdo" ou encore "Allah Akbar" (Dieu est grand). L'édifice avait été encerclé par quelques dizaines de policiers anti-émeute munis de casques et de boucliers, qui ont tenté de disperser les manifestants à coup de gaz lacrymogènes.

Plusieurs protestataires ont jeté des pierres sur les forces de l'ordre, dont deux 4X4 ont été brûlés. Des pneus en flamme ont aussi été jetés dans un commissariat à proximité de la grande mosquée, a constaté un journaliste de l'AFP sur place.

"On va tout casser. Nous protégeons notre prophète. Nous allons le défendre même au péril de notre sang", a déclaré un manifestant, une grosse pierre à la main. Les violences se sont ensuite étendues à plusieurs autres quartiers du centre de la capitale, dont celui de la cathédrale.

Sous les jets de pierres des protestataires, une centaine de policiers anti-émeute, munis de casques et de boucliers, protégeaient à 12H45 locales (11H45 GMT) la cathédrale catholique de Niamey.

"Ils n’ont pas eu le temps d’y mettre le feu", a confié un policier nigérien à l'AFP. Le correspondant de l'AFP sur place a vu deux, puis trois, églises incendiées, l'une d'entre elles parmi les plus anciennes de la capitale. Des jeunes armés de gourdins, de barres de fer ou de pioches déambulaient par ailleurs dans plusieurs quartiers de la capitale en début d'après-midi samedi.

PMU saccagés et barricades

Plusieurs agences de l'entreprise française Pari mutuel urbain (PMU) et des kiosques publicitaires de l'opérateur téléphonique français Orange ont été saccagés dans la ville. Des lambeaux des kiosques étaient utilisés comme matériau de barricades.

L'ambassade de France à Niamey a invité ses ressortissants sur place à "éviter toute sortie" tandis que les membres de l'ONU étaient appelés à se tenir à l'écart de "tout attroupement" dans la capitale.

En milieu d'après-midi samedi, aucun bilan sur d'éventuelles victimes n'était disponible et les officiels nigériens ne s'étaient pas encore exprimés. Ces violences surviennent au lendemain d'émeutes à Zinder, deuxième ville du Niger, qui a fait quatre morts et 45 blessés lors de manifestations anti-Charlie Hebdo vendredi soir.

Le Centre culturel franco-nigérien avait été incendié et trois églises saccagées dans cette agglomération proche du nord du Nigeria, où le groupe islamiste Boko Haram ne cesse de multiplier les massacres et d'étendre son contrôle sur des zones entières dans le nord-est du pays. Réagissant sur les violences survenues à Zinder, le gouvernement de Niamey avait lancé une mise en garde : "Nous n'accepterons pas que la chienlit s'installe", avait averti vendredi soir le ministre de l'Intérieur Hassoumi Massaoudou sur les ondes de la radio publique.

Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, fait partie des six chefs d'Etat africains qui ont participé à la Marche républicaine le 11 janvier à Paris, après l'attaque terroriste qui avait décimé la rédaction de l'hebdomadaire français Charlie hebdo.

"Sa participation" à la marche "procède de son engagement contre le terrorisme et pour la liberté" et "ne signifie nullement un quelconque soutien aux dérives qui peuvent découler d'une certaine conception de la liberté de presse", avait corrigé jeudi Marou Amadou, le porte-parole du gouvernement.

De violentes manifestations ont rassemblé des foules nombreuses dans plusieurs pays comme le Pakistan, le Mali, l'Algérie ou le Sénégal pour dénoncer la publication par Charlie Hebdo, à la Une de son premier numéro après les attentats perpétrés à Paris, d'une caricature du prophète Mahomet.

(AFP)

NIGER. Manif anti-Charlie Hebdo : cinq morts à Niamey

Des manifestants hostiles à la caricature de Mahomet publiée dans Charlie Hebdo ont incendié les lieux de culte et des bars dans la capitale du Niger.

22h00 : Environ 300 chrétiens se trouvaient ce samedi soir sous protection militaire à Zinder, deuxième ville du Niger, où de violentes manifestations contre la caricature de Mahomet en Une de Charlie Hebdo ont fait vendredi 4 morts et 45 blessés. 255 chrétiens étaient recensés samedi dans une caserne, a indiqué cette source sécuritaire occidentale. Environ 70 autres étaient par ailleurs retranchés dans une église évangélique, protégés par des gendarmes et des policiers, ont déclaré deux d’entre eux.

19h22 : Le calme est revenu ce samedi soir dans la capitale du Niger, Niamey. Des voitures de police restaient stationnées devant la cathédrale et plusieurs autres édifices religieux de la rive gauche de la ville. Sur la rive droite, où les manifestants se sont aussi dirigés dans l’après-midi, «le calme est revenu» après «une journée d’enfer», a témoigné une habitante Maïmouna, ce qu’a confirmé Moussa, un riverain.

18h50 : Une vingtaine d’oulémas, des théologiens musulmans, sont apparus à la télévision pour appeler au calme les manifestants qui ont détruit samedi à Niamey des lieux de culte et des commerces chrétiens. «N’oubliez pas que l’islam est contre la violence. J’appelle hommes et femmes, garçons et filles, à se calmer. Les actions de destruction ne sont pas cautionnées en islam», a exhorté le prédicateur Yaou Sonna, qui comme les autres dignitaires musulmans s’exprimait devant les caméras de la télévision publique.

17h20 : De nombreux bars, hôtels, débits de boisson ou commerces divers appartenant à des non-musulmans ou tenant enseigne pour des entreprises françaises, ont également été détruits. «Certains d’entre nous sont restés barricadés à la maison. Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie», a déclaré un mécanicien chrétien ouest-africain, retranché dans son atelier avec ses ouvriers, tout en regardant à travers les orifices d’une fenêtre fermée des manifestants saccager un kiosque en face de son commerce.

«Nous, ici, au travail, nous sommes obligés de nous cloîtrer dans notre atelier. Vraiment nous avons peur. Il faut que l’Etat mette fin à tout ça. Ca ne sent pas bon pour nous», a-t-il soupiré. «Dès que les manifestations ont commencé vers la grande mosquée, nous avons senti cela venir. J’ai dit à tous les employés de rentrer chez eux», a expliqué Kiéma Soumaïla, gérant du Toulousain, un bar connu de Niamey.

Les protestataires ont fracturé la porte de l’établissement, qu’ils ont détruit. «Ils ont tout brûlé après avoir cassé tout ce qui est en verre sur la chaussée», a-t-il regretté. D’après une source sécuritaire, six groupes de 200 à 300 protestataires ont été dénombrés, qui sèment le chaos dans Niamey. Des manifestations spontanées - pneus incendiés à des carrefours - se tiennent également à Maradi, une ville située entre Niamey et Zinder, la deuxième ville du Niger, où des manifestations anti-Charlie Hebdo vendredi ont dégénéré en émeutes, faisant 4 morts et 45 blessés.

A Agadez, grande ville du nord nigérien, le calme est revenu après des manifestations violentes vendredi, durant lesquelles le siège du parti au pouvoir avait été brûlé.

 

16h31 : au moins sept églises chrétiennes ont été incendiées samedi à Niamey par des manifestants hostiles à la caricature de Mahomet publiée dans l’hebdomadaire français Charlie Hebdo, la contestation continuant de se propager dans la capitale du Niger. Les sept lieux de culte, pour la plupart des églises évangéliques, dont certaines siégeaient dans de petites villas sans aucun signe religieux distinctif, ont été brûlés sur la rive gauche de Niamey, selon le journaliste de l’AFP, qui a vu les manifestants se diriger vers la rive droite de la capitale, où il y a aussi de nombreuses églises.

 

 

 

13h59. L’ambassade de France à Niamey a appelé samedi ses ressortissants à «éviter toute sortie», alors que des manifestations violentes s’étendent progressivement dans la capitale nigérienne contre la publication de la caricature de Mahomet dans l’hebdomadaire français Charlie Hebdo. «Grande prudence à respecter, éviter toute sortie», écrit l’ambassade sur son site internet. Plusieurs agences de l’entreprise française Pari mutuel urbain (PMU) et des kiosques de l’opérateur téléphonique français Orange ont été saccagés samedi dans la ville.

 

10h45. La police nigérienne tentait samedi de disperser à coup de gaz lacrymogènes des manifestants près de la grande mosquée de Niamey venus participer à un rassemblement contre la caricature de Mahomet en Une de l’hebdomadaire français Charlie Hebdo, a constaté l’AFP. Au moins un millier de jeunes s’étaient réunis pour ce rassemblement - interdit par les autorités - à proximité de l’édifice, encerclé par des policiers anti-émeute, a constaté un journaliste de l’AFP. Plusieurs manifestants ont jeté des pierres sur les forces de l’ordre, au lendemain d’émeutes à Zinder, deuxième ville du Niger, qui ont fait 4 morts et 45 blessés lors de manifestations anti-Charlie Hebdo.

 

22h10 : Cinq personnes sont mortes samedi à Niamey et cinq autres la veille à Zinder dans les violentes manifestations contre la caricature de Mahomet en Une de l’hebdomadaire français Charlie Hebdo, a annoncé le président nigérien Mahamadou Issoufou. «A Niamey, le bilan est de cinq morts, tous civils, dont quatre tués dans des églises et des bars», a déclaré M. Issoufou, qui a fait état d’une victime retrouvée «calcinée dans une église» samedi matin à Zinder.Quatre autres personnes étaient mortes dans cette deuxième ville du Niger vendredi.

AFP