Le chef de guerre de la France, représentant en matériel militaire à travers le monde, a réussi à vendre des armes françaises au Liban.

Le dernier attentat de Beyrouth est un prétexte idéal pour annoncer un renforcement de l'armée libanaise et pour claironner le montant du dernier contrat d'armement.

La violence justifie la violence et les attentats n'ont jamais été une bonne solution pour faire avancer une cause, même si elle paraît juste.

Mais la France n'a pas attendu ce prétexte pour livrer des armes, de préférence dans les camps opposés, pour que la guerre puisse continuer.

Déjà en 1975-1976, au début de la guerre du Liban, des bâteaux débarquaient des armes françaises dans le port de Jounieh, près de Beyrouth, avant d'en livrer, avec le même bâteau, dans le port de Saïda.

Dans ce pays, où les armes coûtent moins chers que la nourriture et où les enfants de cinq ans sont entraînés par leurs pères à leur usage, il est criminel d'alimenter la guerre.

Mais si cela fait tourner les affaires des marchands d'armes, pourquoi se priver?

Et comme les marchants d'armes français sont propriétaires des principaux médias en France, ils vaut mieux les satisfaire avant des élections!

L'Arabie saoudite va financer l'achat d'armes françaises par le Liban

Publié le 29-12-2013 à 08h16 - Mis à jour à 21h37
Deux jours après l'attentat de Beyrouth, le Liban est au coeur de la visite de François Hollande à Ryad. L'Arabie saoudite s'est engagée à octroyer 3 milliards de dollars à l'armée libanaise.

Le roi Abdallah d'Arabie saoudite et le président français François Hollande, à Ryad, le 29 décembre 2013. (AP/SIPA)
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Le roi Abdallah d'Arabie saoudite et le président français François Hollande ont souligné dimanche 29 décembre leur convergence de vue sur les crises qui secouent le Moyen-Orient, du Liban à la Syrie en passant par l'Iran, affichant une même fermeté.

Arrivé dimanche en Arabie saoudite pour une visite de deux jours également dominée par la perspective d'enjeux commerciaux alléchants, le président français a retrouvé le souverain saoudien dans son luxueux palais privé de Rawdat Khurayim, en plein désert, à 60 km au nord-est de Ryad.

Le Liban au coeur des entretiens

Au cours de leur entretien, le roi Abdallah "a manifesté son inquiétude, voire son anxiété à propos des crises régionales -l'Iran, la Syrie, le Liban et l'Egypte- et a salué la position courageuse de la France sur ces principaux dossiers", a-t-on indiqué dans l'entourage de François Hollande.

Après l'attentat à la voiture piégée qui a coûté la vie vendredi à Beyrouth à Mohammad Chatah, proche conseiller de l'ex-Premier ministre Saad Hariri, hostile au régime syrien et à son allié, le Hezbollah, le Liban était au coeur des entretiens de François Hollande avec les dirigeants saoudiens.

Tout comme la France, Ryad s'inquiète des interférences iraniennes dans les affaires arabes, particulièrement au Liban où elles s'exercent via le Hezbollah chiite.

François Hollande s'est engagé lors d'une conférence de presse dimanche soir à Ryad à "satisfaire" les demandes d'armement de l'armée libanaise pour soutenir le président Michel Sleimane. "J'ai des relations avec le président Sleimane (...) et s'il y a des demandes qui nous sont adressées, nous les satisferons", a-t-il déclaré.

3 milliards de dollars promis à l'armée libanaise

Selon Michel Sleimane, Ryad s'est engagé à octroyer trois milliards de dollars à l'armée libanaise afin que celle-ci, faiblement équipée, puisse se procurer des armes françaises. "Il s'agit de l'aide la plus importante dans l'histoire du Liban et de l'armée libanaise", a dit le président Sleimane selon lequel cette aide "fera l'objet de discussions entre le roi Abdallah et le président français Hollande".

Sur la Syrie comme sur l'Iran, Français et Saoudiens "ont travaillé sur des positions convergentes", s'est félicité François Hollande.

Seul bémol : l'Egypte. Alors que Ryad apporte un soutien inconditionnel au nouveau pouvoir, François Hollande a appelé une nouvelle fois Le Caire, dans une interview au quotidien arabophone Al-Hayat parue dimanche, à permettre "à l'ensemble des courants politiques rejetant la violence" de "participer au processus de transition" politique.

Le président français devait également profiter de sa visite à Ryad pour y rencontrer dans la soirée Saad Hariri, et le chef de l'opposition syrienne Ahmed Jarba.

Hollande accompagné d'une trentaine de dirigeants d'entreprises

François Hollande est accompagné de quatre ministres dans ce déplacement, Laurent Fabius (Affaires étrangères), Arnaud Montebourg (Redressement productif), Nicole Bricq (Commerce extérieur) et Jean-Yves Le Drian (Défense) ainsi que d'une trentaine de dirigeants d'entreprises parmi lesquelles EDF, Areva, Alstom et Thales.

Au chapitre économique, il a rappelé dans son interview à Al-Hayat que le royaume était devenu "le premier client de la France au Moyen-Orient" avec des échanges qui ont dépassé les 8 milliards d'euros en 2013, dont 3 milliards d'exportations françaises, même si la balance reste structurellement déficitaire compte tenu des importations de pétrole saoudien.

Les relations commerciales franco-saoudiennes ont été marquées par "de beaux résultats en 2013" avec le métro de Ryad revenu à Alstom, l'équipement de la Garde nationale saoudienne par la France ou la mise à niveau de la flotte par DCNS, Thales et MBDA, souligne-t-on à l'Elysée, où l'on s'attend encore à de "brillantes" perspectives l'an prochain.

Evoquant le projet saoudien de construire jusqu'à 16 réacteurs nucléaires dans les prochaines années, Arnaud Montebourg a assuré que "la France était très bien positionnée" pour remporter ce futur appel d'offres, dans l'avion présidentiel qui le menait à Ryad.

Pour Abdel Aziz Saqr, directeur du Gulf Research Centre, l'Arabie saoudite veut "élargir son partenariat avec la France" alors que ses relations avec Washington sont tendues en raison des positions américaines sur la Syrie et l'Iran.