En 1967, la revue artistique LA SONDA, à laquelle je collabore, organise des expositions de peinture et de sculpture.

Je me souviens surtout de l'exposition de Spoleto, au moment du grand festival de musique, car j'avais été chargé de transporter les oeuvres de quelques artistes français pour une exposition.

Dans la Dauphine Renault de ma mère, j'avais chargé les peintures de Serge Fiorio ( Montjustin)   André Claudot ( Dijon), Georges Césari ( Nice) , Serge Pourteyron ( Aix-en-Provence) et les sculptures de Michel Elia ( Paris).

Chaque artiste avait fait une déclaration m'autorisant à exposer ses oeuvres dans une galerie de Spoleto, en Italie, pendant la durée du festival.

Mes ennuis ont commencé à la douane. Comme j'ai voulu déclarer ces oeuvres à l'entrée en Italie pour pouvoir les faire ressortir légalement ensuite, la douane des Alpes a refusé mon passage et m'a envoyé à Nice où un service spécialisé s'occupait des oeuvres d'art.

Arrivé à Nice, la douane veut m'inposer un transitaire. Devant mon impossibilité de payer, très cher, un transitaire, un douanier accepte de contrôler la "marchandise". Il me fait tout exposer sur un quai du port de Nice. Il examine les oeuvres, s'arrête devant les aquarelles d'André Claudot et me dit: " Qu'est-ce que vous avez prévu pour moi?". Je suis étonné par sa demande et je lui explique que ces oeuvres ne m'appartiennent pas et que je dois toutes les restituer à leurs auteurs au retour d'Italie. Déçu par mon inexpérience et mon jeune âge, il décide de me laisser passer en m'obligeant à bloquer une somme d'argent sur un compte bancaire et en mettant des scéllés sur les oeuvres pour m'obliger à les faire dédouaner à la douane italienne spécialisée dans les Beaux Arts de Pérouse. Heureusement que je tombe en Italie, sur un douanier plus correct, qui fait son travail sans demander de rétribution et qui me permet de reprendre la route vers Spoleto.

J'arrive donc avec deux jours de retard sur la date du vernissage. Heureusement que mes amis italiens avaient tout prévu. Ils avaient fourni à la presse locale des articles déjà rédigés. J'apprends ainsi, à la lecture des journaux, que le vernissage, qui n'a pas eu lieu, s'est très bien passé! 

Cette expérience m'a beaucoup appris sur le fonctionnement du marché de l'art!

Mais, malgré des propositions d'achat, d'amateurs italiens, j'ai refusé de vendre une seule oeuvre pour ne pas avoir d'histoire avec la douane au retour.

J'ai pu restituer à chaque artiste français les oeuvres qu'il m'avait confiées et je leur ai dit, ce qui était véridique, que de nombreux visiteurs italiens de la galerie avaient beaucoup apprécié leurs oeuvres. Certains sont d'ailleurs restés en contact avec ces amateurs italiens.

Voici l'article que j'ai écrit à mon retour:

 

LA SONDA 1967-72_0004

 

Un mois auparavant, nous avions organisé, grâce au dynamisme du maire, M. Turcan, une belle exposition à Pierrevert, à côté de Manosque, dans les Alpes de Haute Provence.

 

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LA SONDA 1967-72_0003