Soirée hommage à Jean-Jacques de Félice
MARDI 10 FÉVRIER 2009
à 19 h 30
Centre culturel La Clef – Images d’ailleurs
21, rue de La Clef, 75005 Paris (M° Censier-Daubenton)
Vous êtes invités* à voir en avant première le film de Bernard Baissat!: «Jean-Jacques de Félice,
avocat du peuple kanak!», à partager les souvenirs des causes soutenues par Jean-Jacques de Félice
avec ses proches et les représentants de nombreuses associations qui poursuivent la lutte pour la
défense des opprimés.
Cette soirée, organisée par l’Union pacifiste et Bernard Baissat,
se terminera par un moment convivial en musique, autour d’un verre.

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«!Pour moi, il y a un mot qui n’est
ridicule en aucune langue : c’est le mot
DIGNITÉ... Le peuple kanak représente pour
moi, le symbole assez pur de ce que l’on
peut faire quand on lutte pour sa dignité!».
C’est par ces mots que Jean-Jacques de
Félice conclut l’entretien accordé à Bernard
Baissat le 11 octobre 1990, à Paris.
Adepte de la non violence, défenseur
des insoumis à toutes les guerres et
particulièrement à celles du Vietnam,
d’Algérie ou d’Angola, avocat de Ben Bella
et de nombreux combattants algériens,
avocat de Régis Debray prisonnier de la
dictature bolivienne, maître Jean-Jacques
de Félice fait partie d'une famille qui a
toujours «!ressenti comme insupportable
l'oppression et l'injustice!».
C’est en 1969 qu’il se rend pour la
première fois en Nouvelle-Calédonie, à la
demande du grand chef Naisseline de Maré,
pour défendre son fils Nidoïsh, emprisonné
après «! l’affaire du tract!».
Bouleversé par la situation coloniale
qu’il découvre à Nouméa, Jean-Jacques de
Félice deviendra par la suite l’avocat des
principaux militants indépendantistes et
bientôt du peuple kanak tout entier.
Cet homme, qui a consacré toute sa vie
à défendre son idéal de solidarité et de
respect pour tous les opprimés, est décédé
en juillet 2008.
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Environ 200 personnes étaient présentes à cette soirée, parmi lesquelles:

Maître Irène TERREL et FAMILLE de Félice, Claire de Félice Arnaud APOTEKER, Greenpeace
Michel AUVRAY, UPF
Nicole BAISSAT, Didier, Gilles CAMBILLAU
René BURGET et Sylvie, UPF
Denise CHAUTARD, Droits Devant !!
Alain CONNAN, Commandant Rainbow warrior
Bruno DARAQUY, comédien
Jean-Pierre DUBOIS Président de la ligue des droits de l'homme
Michel DUPONT Confédération paysanne
Jean-Baptiste Eyrault, Dal
Jacques Gaillot, évèque Partenia
Claude Gilaizeau, producteur La Lanterne.
Stéphane HESSEL, ambassadeur de France
Louis JOINET: Magistrat
François KARE ( FLNKS)
Cécile KOLHER Confédération Paysanne.
Walles KOTRA , directeur RFO, France O
Mehdi LALLOUI, AISDPK, cinéaste, écrivain
Jacques MAURY, Ancien Président de la Cimade,
Maurice MONTET: UPF
Gilbert NICOLAS , navigateur sur le FRI, bateau anti-nucléaire.
Rosa OLMOS. BDIC, Nanterre.
Dominique OPILLARD+ petit fils Renoir.
Françoise PERTUS. ( compagne Jimmy Ounei.)
Roch Anapa PIDJOT:
Maître François ROUX
Oreste SCALZONE:
Michel TUBIANA Ancien président de la ligue des droits de l'homme,
Serge UTGE-ROYO,
Lucio URTUBIA
Claude VERREL, Comité Louis Lecoin

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Messages de:
Régis Debray, écrivain

10/02/2009, 17h 18

Empêché par un imprevu d’être des vôtres ce soir, je tiens à m’associer à l’hommage que vous rendez à Jean-Jacques de Félice. Il faisait partie de ces hommes de courage et de conscience dont le seul nom, dont la seule existence, dont le seul fait de savoir qu’il était là, rassurait sur la nature de la société française, celles et ceux qui pouvaient en douter.

Tout militant anticolonialiste, où que ce soit dans le monde, savait qu’il pouvait compter sur lui. Ce fut mon cas, en Bolivie, où il s’est rendu volontairement, au début de mon emprisonnement. IL ne m’a alors pas été possible de le voir et de l’entendre, mais sa présence dans le pays andin, m’a rendu alors un peu moins seul.

De Félice: un homme droit dont les tordus n’ont jamais pu venir à bout.

Puisse sa mémoire nous servir d’exemple.

Régis Debray
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Noël Mamère, député maire de Bègles

Jean-Jacques de Felice appartient à cette catégorie d'hommes, très rare, dont l'engagement et la vie peuvent servir d'exemple.
   Comme avocat et comme militant des droits de l'homme, il n'a jamais cédé un pouce de ses convictions et a toujours choisi le combat, surtout quand il était difficile à mener.
   Jean-Jacques de Felice a souvent pris des risques pour sauvegarder l'essentiel qui n'était pas négociable. Il avait l'esprit d'un résistant qui sait rester debout face au danger. Contre toutes les formes de populisme pénal et de démagogie, Il faisait appel à l'intelligence et cherchait à solliciter ce qu'il y a de plus noble dans l'ho wmme.
   Je peux le dire ici, aujourd'hui qu'il n'est plus parmi nous, j'éprouvais de l'admiration pour cette homme dont la force de caractère et la simplicité devraient tous nous inspirer dans ces moments où nous nous nous sentons fragiles et où nous doutons.
   Jean jacques de Felice, doutait, mais au sens du "que sais je?" de Montaigne. Il se méfiait de toutes les vérités assénées, prévendues ou imposées, parce qu'il croyait d'abord à la vérité de l'homme, celle qu'il allait chercher quand elle se cachait derrière le paravent de nos représentations et de nos jeux de rôle.
   Il nous manque, il me manque.

Noël Mamère.
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Jean-Claude Amara, Droits devant!!

Je regrette profondément de n’être parmi vous ce soir. Ironie du sort, j’accompagne ce jour mon garçon de 14 ans, convoqué au tribunal pour Enfants de Privas au motif de… Recel « d’une » canette de jus de fruit, forfait « terroriste » s’il en fut qui justifiait, selon la maison Pandore, un relevé d’empreintes ADN que j’ai bien entendu refusé. Cher Jean-Jacques, tu aurais probablement apprécié à sa juste valeur ce chef d’inculpation ubuesque, s’inscrivant dans cette logorrhée répressive et sécuritaire que tu as tant et tant combattue.
   Pour ta rigueur morale, ton éthique, ton humanisme de combat, n ta quête ardente de justice, ton infinie pudeur… Pour toutes ces vertus cardinales que tu as inscrites en lettres de feu dans ton sillage,
   MERCI A TOI, CHER JEAN-JACQUES.
   MERCI AU NOM DE TOUTES CELLES ET CEUX QUE TU AS ARRACHES AUX CROCS VORACES DE L’OPPRESSION, DE L’INIQUITE.
   MERCI A CETTE OFFRANDE DE LA VIE QUI M’A PERMIS DE TE TUTOYER, DE TE COTOYER SUR CE CHEMIN ABRUPT, INTERMINABLE, QUI SERPENTE AU CŒUR DE L’HUMANITE, QUE SEULS LES HOMMES DE TON ESPECE, EN PLEIN SOLEIL, LE CŒUR EN BANDOULIERE, SAVENT SANS CRAINTE ARPENTER.

JEAN-CLAUDE AMARA

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Gilles Perrault, écrivain

Son grand défaut, c’est qu’il était un peu décourageant à force de perfection. Jamais une lâcheté, jamais une re √ddition, même dans les circonstances les plus contraires, jamais cette tentation au moins passagère de déposer le fardeau.
   Et tellement de talent ! S’agissant des gens de bien, on oublie trop aisément le talent. C’est à lui autant qu’à ses vertus que Jean-Jacques dut de faire triompher si souvent la justice et la vérité.
   Il eût été agacé qu’on lui témoignât de l’admiration. On peut aujourd’hui lui dire qu’on l’aimait.
                  Gilles Perrault

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