WALLES KOTRA

13 février 2008

   J’ai vu hier soir à la SCAM le beau film de Walles Kotra et Gilles Dagneau TJIBAOU, LE PARDON.
   Ce film avait été choisi par Marcel Trillat, dans le cadre d’une carte blanche offerte à ce journaliste de la télévision publique. Sans avoir jamais visité la Nouvelle Calédonie et sans connaître le peuple kanak, Marcel Trillat nous a dit qu’il avait pleuré en voyant ce film et qu’il s’était cru sur une autre planète. Il a souligné aussi la profonde civilisation de ce peuple capable de résoudre des problèmes humains difficiles.
   Le sujet du film est le pardon accordé par la famille de Jean-Marie Tjibaou à la famille de Djubelly Wéa, assasin de Jean-Marie Tjibaou en 1989, un an après les Accords Matignon.
   Walles Kotra nous a expliqué l’isolement de ces deux tribus, l’une ( celle de Wéa) à Ouvéa, protestante, et l’autre ( celle de Tjibaou) à Tiendanite, catholique, qui ont beaucoup souffert de la colonisation.
   Après 15 ans de réflexion et de souffrance, la famille Wéa, accompagnée de toute la tribu de Gossanah, se rend à Tiendanite, sur les terres des Tjibaou, pour une cérémonie de pardon.
   La coutume, avec ses échanges d’objets mais surtout de paroles, prend toute sa dimension pour assurer le pardon et celler définitivement la réconciliation des deux familles, des deux tribus et de leurs descendants.
   Mme Tjibaou et mme Wéa tombent dans les bras l’une de l’autre. Ce n’est pas une poignée de main politique, c’est un moment d’une grande intensité et d’une profonde vérité.
   Pour arriver à ce moment d’émotion, Walles Kotra nous a conduit tout au long du documentaire avec un commentaire pédagogique pour faire découvrir son peuple mais aussi avec un récit poétique, symbolique et plein de sensibilité, pour faire admirer et aimer son peuple.
   C’est une belle réussite qui permet, comme l’a dit Walles Kotra, de “ porter la parole kanak au-delà de la Nouvelle Calédonie” et de montrer que ce peuple, trop longtemps ignoré et méprisé par la colonisation, recèle des valeurs humaine universelles qui seraient très utiles dans notre monde “ sans pitié”.
   Merci Wallès Kotra.
   Ce film nous réconcilie avec l’humanité!