POLYNESIE, COLONIE FRANçAISE
28 décembre 2006

   Bravo. Pour la deuxième fois l’état français a réussi à faire tomber le gouvernement démocratiquement élu du président indépendantiste Oscar Temaru. Comme le gouvernement français n’a plus osé ressortir l’archi-corrompu Gaston Flosse, il a trouvé le maire de l’île des milliardiares Bora-Bora, dit “ petit Gaston” pour remplacer Oscar Temaru. Mais c’est bien-sûr le clan Gaston, l’ami intime de Jacques Chirac, qui revient aux affaires.
   Les quelques entreprises qui travaillent dans le tourisme de luxe vont pouvoir s’enrichir un peu plus mais que va devenir le peuple polynésien?
   En février 2006, lorsque je suis allé tourner le film sur de Gaulle en Polynésie, j’ai tout de suite senti que la France organisait la chute d’Oscar Témaru en faisant monter les prix de la vie quotidienne de façon insupportable et en organisant la pénurie, y compris de poisson, base de l’alimentation tahitienne. Puis ce fut la grêve des transports en commun, compagnies privées à la solde de Gaston Flosse. C’est exactement la technique que les Américains ont utilisé pour faire tomber Salvadore Allende, au Chili, en 1973.
   La population déçue est prête à critiquer la gestion du président et à basculer dans le camp adverse.
   La Polynésie a coûté des fortunes aux contribuables français quand il a fallu financer la base nucléaire de Mururoa et la bombe atomique française. Elle a coûté encore des fortunes quand il a fallu arroser la bande de Gaston Flosse et maintenir la paix sociale dans une population devenue très pauvre après le départ des scientifiques et des militaires. Et elle continue à coûter très cher pour acheter des traitres et organiser la chute d’un indépendantiste.
   Après la deuxième guerre mondiale une grande figure de l’indépendance de Tahitit, Pouvana o Opa, dont la statue trône aujourd’hui sur une place centrale de Papeete, avait été combattue par le gouvernement français et emprisonnée pendant dix ans en France.
   Le peuple polynésien, peuple de combattants, peuple fier de ses traditions a toujours donné du fil à retordre à l’état colonisateur français, mais en attendant c’est lui qui souffre le plus de ces maneuvres
politiques pour maintenir au pouvoir les valets de notre gouvernement sur le départ.