PUBLICITE, çA SUFFIT

18 NOVEMBRE 2006

   Voici le lettre que j’envoie à un ami publiphobe, membre du “collectif des déboulonneurs”, qui est poursuivi au tribunal de Paris, le 12 janvier 2007, à 9 heures, devant la 29ème chambre, pour avoir barbouillé, en présence de la presse, un panneau publicitaire de la gare Saint Lazare.
               

“Yvan GRADIS

Paris, le 18 novembre 2006

Cher ami,

   J’accuse réception de votre lettre du 29 octobre 2006 qui m’apprend que vous devez passer en correctionnelle le vendredi 12 janvier 2007, au Palais de justice de Paris, pour avoir barbouillé un panneau publicitaire sur la façade de la gare d’Austerlitz.

   Je suis complètement solidaire de votre action non violente qui exprime bien le raz le bol de la majorité de la population française contre l’agression permanente de la publicité.

   Les entrées de toutes nos grandes villes ont été défigurées par une multitude de panneaux publicitaires. Tous les médias écrits et audiovisuels, y compris ceux qui sont payés par les contribuables, sont envahis par la publicité. Il faut chercher les informations entre les pages de réclame. Nos boîtes aux lettres sont pleines de prospectus que nous jettons à la poubelle. Sur le chemin de l’école les écoliers croisent une centaine de messages publicitaires et plus s’ils empruntent le bus ou le métro....

   Nous n’en pouvons plus. Nous sommes saturés. Nous n’avons plus aucun moyen pour nous défendre et je comprends votre geste de révolte que je trouve complètement légitime dans ce milieu violent.

   J’espère que la justice, encore épargnée par la pression des publicitaires, saura reconnaître le bien fondé de votre acte non violent et que vous pourrez faire valoir votre représentativité d’un courant aujourd’hui majoritaire dans notre pays.

   Je vous autorise à vous servir de ma lettre dans votre dossier de défense.”

   Tous les moyens sont légitimes pour lutter contre l’agression permanente de la publicité et nous ne pouvons que soutenir ces personnes courageuses qui prennent des risques pour nous défendre.
   J’ai dû abandonner la lecture de tous les journaux quotidiens, et encore plus ceux de province, car les trois quarts de la surface sont couverts de publicité. J’ai du mal à attendre la météo à la télévision car il faut sans arrêt couper le son pour éviter la publicité. Je dois interrompre sans cesse des appels téléphoniques qui me vantent les mérites de tel ou tel produit....
   Et les publicitaires ont réussi à faire croire au public que sans publicité on ne pourrait plus financer les journaux, les médias, le métro, les bus, internet etc... C’est totalement faux car ce sont les clients qui payent la publicité et qui la payent très cher.
   Le journal français le plus riche, celui qui paye le mieux ses journalistes est un journal sans publicité. Il s’appelle LE CANARD ENCHAÎNÉ.
   Ne pas faire de publicité oblige à respecter ses lecteurs qui sont ses seuls financeurs et à conserver une qualité permanente.
   Puisque le CANARD réussit c’est donc que c’est possible.