17 août 2005

ARUNDHATI ROY

Je n’ai pas lu le grand succès de cet écrivain indien : " Le Dieu des petits riens ", mais je lis " L"écrivain-militant ", un ouvrage qui paraît dans la collection folio Gallimard. Et je découvre, dès le premier chapitre, une femme courageuse qui dénonce les essais de la bombe atomique faits par son pays en 1998, en même temps que les essais du Pakistan.

Elle écrit : "  La bombe atomique est la chose la plus antidémocratique, la plus antinationale, la plus antihumaine, la plus diabolique que l"homme ait jamais conçue "

"  La bombe indienne est la trahison ultime d"une classe dirigeante qui s"est jouée de son peuple "

La propagande du gouvernement auprès d’une population à 40% analphabète a malheureusement fait croire que cette bombe serait utile pour se défendre contre un ennemi imaginaire et pour montrer à l’Occident que les pays colonisés sont capables de relever la tête.

Arundhati Ray poursuit :" Si ne pas accepter d"avoir une bombe atomique greffée sur le cerveau est antihindou et antinational, alors effectivement, je fais sécession. Je déclare, par la présente, mon indépendance et me constitue en petite république ambulante. Je suis citoyenne du monde. Je n"ai ni territoire ni drapeau...Ma ligne politique est on ne peut plus simple : je suis prête à signer n"importe quel traité de non-prolifération des armes nucléaires ou d"interdiction des essais. "

Voilà un écrivain qui mérite d’être connu et une femme qui n’a pas froid aux yeux dans un pays où le nationalisme exacerbé risque de conduire à des catastrophes.