kanaky 2005 Je lis depuis quinze ans la revue " Construire les Loyauté", le journal de la Province des Iles en Nouvelle Calédonie. C'est Monique Calixte, une amie haïtienne, militante comme moi de la cause kanak et conseillière auprès du premier président de la province, qui m'avait abonné. Je continue aujourd'hui encore à recevoir cette revue et j'ai pu mesurer, de loin, l'évolution de la situation. ----------------------------------------------------------- A l'époque où je filmais les militants en France et en Nouvelle Calédonie j'espérais réaliser un film sur la lutte du peuple Kanak contre la puissance coloniale française. J'ai ainsi que j'ai pu enregistrer les principaux militants kanaks comme Jean-Marie Tjibaou, Yéwéné Yéwéné, Octave Togna, Lucette Poigoune, François Burck, Paul Néaoutyne, Léopold Jorédié néo-calédoniens comme José Barbançon, Jean-Pierre Detaix, Manu Kasarerou, René Guiart, Jean-Pierre Aïfa, les principaux militants français, comme Alban Bensa, Jean Chesnaux, Jean Fress, Alain Houdan et bien d'autres. J'ai pu filmer quelques manifestations et scènes de la vie en kanaky. J'ai ainsi constitué une centaine d'heures de rushes qui, pour l'instant, ne sont toujours pas exploités. J'ai pourtant fait des projets pour la télévision française mais " l'intention du film" n'était peut-être pas celle que l'on souhaitait donner, dans les milieux politiques français, de droite ou de gauche, à l'évolution de la situation dans cette colonie. ----------------------------------------------------------- Je m'étais aussi intéressé à Nidoïsh Naisseline, étudiant en France en 1968, et premier manifestant indépendantiste en Nouvelle Calédonie à son retour. Le célèbre avocat de Félice, défenseur des indépendantistes algériens, était allé le défendre après son emprisonnement à Nouméa. Depuis son retour dans son île de Maré Naisseline n'a jamais abandonné son combat. ------------------------------------------------------------ Dans la revue CONSTRUIRE LES LOYAUTÉ, qui est devenue, au fil des ans, une revue luxueuse, couverte de publicité, je retrouve avec intérêt un point de vue politique que je partage. Naisseline écrit sous le titre " Le droit à l'autodétermination": " Plus de 15 ans après la signature des accords de Matignon, une question continue de nous hanter: comment avec au départ autant d'atouts politiques en faveur de l'indépendance, le processus de décolonisation engagé par les accords de Matignon et relayé par l'accord de Nouméa, s'est-il traduit en final par son contraire: la mise en sommeil de la revendication indépendantiste et l'encouragement officiel à l'immigration? ( je rajoute:d'immigrés métropolitains pour poursuivre la colonisation). En fait les accords de Matignon ont été l'occasion pour la France d'inaugurer sa politique néocoloniale en Nouvelle Calédonie, en opérant une disjonction entre le projet indépendantiste d'émancipation et une politique de rééquilibrage économique conçue comme le rattrapage d'un retard que la société kanak ( attardée ou sous-développée). Comme on voit, le discours sur le développement dévalorise le peuple kanak et par là son projet d'émancipation" ------------------------------------------------------------------ Cette politique française n'a pas changé depuis celle menée en Afrique après les indépendances de nom mais pas de fait. Et l'on voit le résultat encore aujourd'hui dans l'un des pays où l'on croyait que cette polique avait le mieux réussi: en Côte d'Ivoire.